La combe

Une combe au corps de marnes sombres.

Si Lélio vivait dans le temps d’un ange, certainement il les verrait couler, vivre. Mais là elles ont l’air épuisées, à l’agonie, presque mortes.

Et s’il se disait alors quelque chose, à lui-même, à la manière dont on regarde son image dans un miroir, s’il réfléchissait à propos de ces chairs immobiles, il y aurait certainement des vitesses, des températures, des masses que son esprit mesurerait et lui renverrait, et qui recouvrirait ce qu’il voit de la combe.

Mais Lélio se garde bien de réfléchir ainsi. Du moins tant que l’esprit de la combe ne sera pas venu à sa rencontre, que son pas ne l’aura foulé, après même quelques chutes, occasion de se mêler à ces leurres de terre à cette peau que le soleil a durci, craquelée, aux quelques taches vertes qui s’y accrochent, malgré tout.

Alors, alors seulement il osera penser la combe. Et son corps de marnes sombres.

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