Lenturies – VII –

(Lélio Lacaille, suite à une chute qui lui fit douter de son équilibre – qu’il perdit sur un trottoir (excessivement ?) horizontal et sans aspérités – , fit une retraite de quelques secondes dans un fossé tapissé d’herbes d’hiver
Le temps dilaté qu’il y trouva, propice à l’écoute des deux silences*, lui inspira des quatrains réunis par la suite sous le nom de Lenturies.
Celui-ci est le septième)


 VII

Il fera bien plus gris au-dedans qu’au dehors
pour qui humant la vie la brulera encore
celui là s’emplira des cendres de ses feux
replié en son œil sera caché l’aveu

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Lenturies – VI –

(Lélio Lacaille, suite à une chute assez grave lors d’une course de char – un ange ayant traversé la piste Lélio voulu l’éviter et … – , fit une retraite de quelques mois dans la chapelle Saint Jean de Benivay Ollon.
L’ambiance de ce promontoire propice à l’écoute des deux silences*, lui inspira des quatrains réunis par la suite sous le nom de Lenturies.
Celui-ci est le sixième)


 VI

Réveillé par un froid blanc comme drap d’amour
rouge autant que le geste bleu comme ciel espoir
celui qui quasi nu dormait en plein labour
allongera le bras jusqu’au grand rideau noir

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Lenturies – V –

(Lélio Lacaille, suite à un accident de tracteur dû à un instant de distraction d’une route virant sans prévenir, fit une retraite de quelques mois à l’Abbaye de Saint Wandrille.
L’ambiance des bénédictins propice à l’écoute des deux silences*, lui inspira des quatrains réunis par la suite sous le nom de Lenturies.
Celui-ci est le cinquième)


Près du seuil dos au vent qui fige sur la chaise
approche clair instant quand âme quitte rêve
où le coeur et le sang parcourent gamme en dièse
éveillant le vivant d’une nouvelle sève.

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Lenturies – IV –

(Lélio Lacaille, suite à un accident de moto du à un instant de distraction d’une route virant sans prévenir, fit une retraite de quelques mois à l’Abbaye de Timadeuc.
L’ambiance de la Trappe propice à l’écoute des deux silences*, lui inspira des quatrains réunis par la suite sous le nom de Lenturies.
Celui-ci est le quatrième)


lueurs lumière pâle à l’horizon dressé
redonnera leurs ombres aux visages de chairs
lorsque faces sans vie des beaux esprits lissés
seront gagnés de rouille et du mépris des vers

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Appâts – Atrides

Nemours Bisainthe : Lélio, Je vous remercie de cette proposition d’entretien dans cet ici que nous avons établi grâce à une liaison satellite avec le lieu où vous vous tenez actuellement et que vous souhaitez tenir secret.
En préalable à tout échange j’aurais une question de forme à vous poser.

Lélio Lacaille : Mais posez donc vous savez bien qu’ici il y a de la place.

N.B. : vous avez souhaité prendre la parole sur les ondes de « cap à ici » pour donner votre sentiment à propos des projets de lois qui font tant de bruit ici et là.
Est-ce pour vous en débarrasser, ou comptez vous le reprendre en partant.

L.L.: J’ai l’intention de le partager à la manière de Saint Martin car j’ai bien l’impression de voir courir un peu partout des gens fort dévêtus en ce qui concerne précisément le sentiment et en conséquence l’opinion. Cette opinion qui nous aide à ne pas adhérer à n’importe quelle surface gluante à laquelle nous nous serions heurté par mégarde.
Mais, brisons là. Rentrons dans le vif s’il en est encore.

N.B. : Entrez, entrez donc !

L.L. : Je me contenterai d’évoquer – en raccourcissant un peu et en travestissant ce qu’il faut pour que l’on se donne la peine d’aller y voir de ses propres yeux – l’histoire de ce dont on souhaite nous priver si nous nous comportons très mal.

N.B. : Mes oreilles sont sur vos lèvres.

L.L. : Il y a bien longtemps, l’homme qui naissait libre n’avait aucun des identifiants qui permettent d’une part de l’identifier de façon mécanique – aux moyens des outils qui manipulent le code – d’autre part de s’en rendre propriétaire. Il n’avait pas de nom de famille et non plus de nation au sens auquel nous l’entendons.
Dans l’idéal, il n’était donc ni traçable ni mobilisable (sans contrainte) du fait de l’appartenance à une patrie ayant droit de vie et de mort sur lui.
Il est évident que l’on pourrait faire une longue liste des avantages que nous avons gagnés suite à ces obligations de l’identité à vie et du devoir d’aller éventuellement mourir « pour une patrie ». Cependant il est tout à fait concevable que pour certains humains ces avantages ne valent pas la liberté perdue et cette menace de mort impersonnelle planant au dessus de leur tête. Pour eux, le fait de devenir apatride pourrait ne pas être une peine, mais un soulagement.

N.B. : J’ai un peu de mal à vous suivre et je ne sais si j’en ai réellement envie. Mais dans l’immédiat quelle conséquence pourrait avoir ce que vous dites, pour peu que cela ait un sens ?

L.L. : Et si ceux dont j’évoque l’hypothétique existence se mettait à réclamer le statut d’apatride ? n’y aurait-il pas un terrible retournement des men…

N.B. : Lélio…. Lélio ? … Je crois que nous avons été coupé.

 

Lenturies – III –

(Lélio Lacaille, suite à un accident de moto du à un instant de distraction d’une route virant sans prévenir, fit une retraite de quelques mois à l’Abbaye de Timadeuc.
L’ambiance de la Trappe propice à l’écoute des deux silences*, lui inspira des quatrains réunis par la suite sous le nom de Lenturies.
Celui-ci est le troisième)


jardin si morcelé à deux doigts du néant
si fortement pressé par mâchoires de pierre
donnera à croquer sourire d’un enfant
fruit d’un joyeux savoir furieux comme le lierre

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