Quoi la v’

C'est quoi la viec’est quoi la vie ?
la brûlure dans mes bras
la fatigue qui m’emporte vers le bas
ce refus d’aller rejoindre
sommeil
la grande âme en tas

quoi la vie
le pli acide sous mon sein
qui se serre
quand je te regarde
en coin
l’écho du noir au loin
son appel dans mes reins

c’est quoi qui fait la vie
la reprend d’un coup
sans dire
la vie
qui fait ce soir ma main creuse
dedans
la tienne aussi
et nos cris

Petit monde

Enfant qui danse-

Danse petite d’homme
danse
joue toi
terre et ciel
l’un vers l’autre
à travers ton corps
paume des mains plante des pieds
et ta joie chevelure
Danse
sais-tu
mais oui tu sais
tes pieds tes mains sont un
ronde monde
tu nous contiens
nous
et tous les
où venir
où dormir
où finir
tu les as
entre pieds et mains
Danse petite d’homme
et

prends la mienne

demain.

Le printemps des Poètes – Beauvoisin – Serge Pauthe Hommage à Nazim Hikmet

Serge Pauthe a choisi cette année de célébrer le Printemps des Poètes dans le petit village de Beauvoisin en y donnant le spectacle hommage qu’il a créé, et joué à de nombreuses reprises, pour célébrer le grand poète turc Nazim Hikmet .

Il devait être accompagné par Pascal COIGNET au violoncelle qui, souffrant, n’a pu jouer auprès de lui.
C’est Alain Nouvel de la compagnie des « Chantiers Funambules« * ( Beauvoisin) qui a, au pied levé, assuré la partie musicale (avec brio et sans répétition préalable).

L’enregistrement que je propose ici a la saveur et les imperfections du « vivant » et de l’instrument de collecte, mais il donne bien, me semble-t-il, la mesure de la prestation de Serge Pauthe au service de la poésie de Nazim Hikmet.

Au début de ce « captage » Serge Pauthe évoque brièvement le rôle que la poésie a joué dans sa vie

Serge Pauthe - la poésie et lui

Hommage à Nazim Hikmet
Serge Pauthe

(Alain Nouvel piano)

 

Serge Pauthe-lecture

A l’issu de cette prestation, après les applaudissements nourris et dont l’enthousiasme a mis longtemps à redonner le silence, une lecture a été donnée dans la langue de Nazim Hikmet.

Serge Pauthe- un temps de lecture en turc

Suivie de la traduction donnée par Serge Pauthe.

 

 


 

 


 

 

Cave cadre cadavre – trmblmnt

01 femme malade au lit - 0111

Le lustre doucement oscille
son cristal teinte.
De ses rayonnages
un livre glisse
les pensées d’un homme
se couchent.
Début d’une déchirure
les murs se lézardent
s’écroulent.
La demeure est à terre.

Deux regards
dans deux mondes
exilés.

« Jersey, Guernesey
vous n’étiez qu’une île … »



Cadavre

160304 Usurpation – Danielle MASSON – Vases Communicants de Mars

vasecommunicants Vases communicants de Mars
J’accueille (Sur la branche « Lélio Lacaille », d’aunryz) avec un peu de retard (j’étais absent hier et je profite d’une petite fenêtre de connexion pour déposer son texte) Danielle Masson.

Le thème proposé et choisi est (énoncé approximatif) « la confusion des identités »

(J’y retrouve un écho d’un texte que nous avions écrit à deux mains, juste pour s’amuser, en attendant cet échange)

Mon texte se trouve chez Danielle ici


 

 

Tranquille j’étais jusqu’à ce que je reçoive, à 3.33 sur mon téléphone, ce message : « Si vous voulez revoir le jour, usurpationnez l’identité de votre voisin ! »

 

Qui a l’œil rivé sur son téléphone à 3.33 ?

José, mon boulanger qui ouvre la porte de son fournil, Augustine, ma maraîchère qui prend le volant de son camion pour aller chercher légumes et fruits, Hector, mon fournisseur de hampe qui fond dans la bouche…

 

Usurpationnez…

Me dire cela à 3.33.

À 3.33, moi, je dors.

Alors qu’il est 5.55, l’heure normale de réveil d’un homme civilisé.

 

Qui est le plaisantin qui m’a envoyé ce message ?

Cela ne peut être qu’un farceur. Numéro inconnu…

 

Le jour va pointer son nez à 7.06 exactement.

Cette menace, la prendre au sérieux…

Peut-être quand même, il me reste exactement 5 minutes plus 60 minutes plus 6 minutes soit 71 minutes

Non moins que cela, plus que 66 minutes, 65… 64…

 

Et voilà que je me mets à avoir des sueurs froides, à trembler…

 

Je ne vais pas me laisser impressionner par ce message sans queue ni tête.

Et d’abord usurpationner, ce verbe n’existe pas.

Il pourrait au moins parler français celui qui me menace.

 

Plus que 7 minutes avant que je ne passe de vie à trépas, qu’il a dit, l’autre caché derrière son clavier.

 

Mais, je n’ai peur de rien et je ne vais usurpationner l’identité de personne, moi !

Moi, moi, moi…

Mais au fait comment je m’appelle…

Trou de mémoire

 

Je m’appelle….

J    e     n  e     s   a    i    s     p   l   u   s     …      …      …      …     …

– Irénée, qu’est-ce que fais ? Tu vas être en retard au musée. Deux fois dans le mois, tu exagères. Lève toi !

© 4 mars 2016 – 32 Octobre

« Tu amarres les vagues » (préface)

Qui a rencontré, ici et là, sur la toile ou ailleurs, les productions de Louise Imagine en rapport avec l’enfance (ce lieu/temps/sourire/désordre apparent/surprise permanente)  ne sera pas surpris d’être surpris par le livre dans lequel ses photographies sont accompagnées par les poèmes de Sabine Huynh.
Surpris par cette étonnante proximité du regard et de l’espace/geste enfance
Surpris par les univers qui s’y déploient dont l’étrangeté est tout à fait absorbée par la présence enfantine.
Surpris …

Saisissante est aussi la préface de  Isabelle Pariente-Butterlin
qui se termine sur cette phrase :

COMME UN CAILLOU ROND ET LISSE - image carrée-frr(!)

Lecture de cette préface