L’enfant volé

L'enfant volé-étroit-

A l’autre bout des rondes debout s’allume aride un soleil carnassier aux crocs vermeils renvoie vers eux ces pensées / l’enfant volé je non jamais je ne vous le rendrais / tétait-il votre sein ou bien celui bétallique d’une nourrice artificielle / mien il est mien du regard de la main qu’il me tient pour chaque passage chaque péril ou cadeau du paysage mien autant que je moi le sien et nous allons en et hors l’espace dans le péril et dans la grâce / vous paravents cachés si près si loin que de vous ne sait rien ne touche rien ne goutte de vous ni l’eau ni le feu ni le pain ni même de l’amour un grain / le jus qui coule entre ses dents est d’ailleurs d’un ciel conquis de rivières à la source devinée avant de s’y baigner / avons gravi des cimes et comblé en nous des fossés ensembles / nos sommeils ont donné des terres aux animaux traqués aux arbres marqués / partez du corps déjà vous l’êtes tant de l’âme / vous ne pourrez plus l’approcher qu’en partant.