Le confort en capsule – de Régis Debray

[article traversé de part en part de mauvaise foi, c’est à dire la terrestre]

Désiré Lacaille (frère de Lélio)  a lu le début d’un des derniers livres du fondateur de la médiologie … ces premières (et dernières ?) impressions.

Madame H - Régis Debray---


M’sieur Régis, faut qu’j’te dise
j’taime bien
tes mots aussi
c’est souvent fin,malin, c’est parfois d’ l’humour qui fait plus que m’frôler
mais
– pass’qu’ya un mais ! – 
ton Madame H. (pouristoire*)
m’a tombé des mains quand
(après les r’grets du temps passé)
t’a causé des bons côtés du progrès
en commençant par (N°1 dans ton hit parade ?)
« la capsule Nespresso » ! (en français dans le texte)
.
T’es donc tombé si bas ?
(ton bouquin aussi. Vu qu’l’est présent’ment à la cave, dans la pile des y-a-pu d’place pour toi)
.
cent rend qu’une
et si tu passes par le Buis
j’t’offrirai d’bon coeur
un caffé con la macchinetta del signor Bialetti
(Celui qui a popularisé à travers le monde la cafetière italienne et qu’a rendu l’âme tout récemment. Peut-être écœuré de voir que chez lui aussi on vend à présent du tout prêt sous plastique ?)
.
oui, d’bon coeur ! il vero caffè con la schiuma naturale
mais
pour sur !
pas question d’faire l’acquisit’ d’ton prochain bouquin
surtout si l’est, lui aussi,
en capsule**.
____
[Note de Lélio Lacaille :
Dans les regrets (du progrès) de Régis Debray
on peut voir « des gens »
(j’ai pensé aux scènes de Christophe Sanchez , sa série
#LesGens‬ où l’on rencontre toujours un peu de cet « inconfort » que l’on nomme « la vie »)
Dans les bons côtés
ils ont disparus – sauf pour en évoquer la proximité INCONFORTABLE – il n’y a plus que des objets, des dispositifs
(j’ai pensé aux billets en €uros, sur lesquels on chercherait en vain un être vivant)]

*Un écho de l’avant dernière lecture de Désiré « La pourriture de l’homme » de Thyde Monnier (magnifique ode à la paix, de cette ami de Giono, aux lendemains de 39-45) introuvable. Google n’en donne même pas une référence.

** En fait, beaucoup d’écrits sont déjà « en capsule« , petites unités faciles à consommées, conditionnées pour le confort de l’esprit de … l’usager. De temps de lecture évalué à 3 minutes … le calibre d’une chanson, le temps d’attention qu’un enfant de 6 ans peut apporter à une activité.
Publicités

Volée

 

Ca crie et ça piaille, en éclat
des trottoirs aux flaques joyeusesPour volée-
jusqu’en les plus hautes branches
et même
pour peu que l’oreille soit attentive
au son qui vit dans la lumière
jusqu’à cette chaleur suspendue au cœur des nuages
et des bleus mensonges du ciel

Ca crie et ça piaille
en pleurs en joies
et mes chairs et mes rêves
qui voudraient s’y mêler
ne parviennent qu’à trembler un peu
à vibrer
toujours juste en retard d’un éclat de voix
d’un éclat de pas en galipette
d’un sourire
d’un faux signe de croix

Ca crie et ça piaille
les pères raisonnables ne sont pas là

Eric Dubois (Vase communicant de Mai)

vasecommunicants Ces vases communicants de mai j’accueille Eric Dubois dont la poésie vivante s’est déjà déposée dans de nombreux recueils (voir biblio*).
Nous avons eu à plusieurs reprises, comme disent les anglais « A rendez-vous-manqué »
finalement nos textes ont fini par se croiser et le poème du fondateur du « Capital des mots », par se déposer chez Lélio Lacaille. Ce dernier m’a dit (d’outre tombe) qu’il en était heureux.

L’aube grise
l’escalier
 .
Le soleil
en suspension
 .
Traverse
l’écho
 .
Qui mène
à l’étage
 .
Dans le ciel
se noie
 .
Se répète
inlassablement
 .
Et dessine
des nuages
 .
 .
Où attendent
des convives
 .
Disparaîtra
un jour
 .
Echo  
des questions
 .
Que le jour
formule
 .
Des montagnes
des vallées
 .
 .
Assoiffés de fêtes
et de nuit
 .
Ils cassent le cristal
 .
Voyageurs
de l’immobile
 .
 .
Et il y a encore
cet escalier
 .
Et toutes
ces marches
 .
Le soleil
toujours là
 .
 .
Qui troue
l’aube grise
 .
 .
La nuit
recommence
 .
Dans les esprits
alcoolisés
 .
Petit matin
un peu frais
 .
 .
Les convives
reprennent
 .
Leurs voitures
et leurs habitudes
 .
 .
 .
Mai 2016
 .
ERIC DUBOIS

Eric Dubois est né en 1966 à Paris. Auteur de plusieurs ouvrages de poésie aux éditions Le Manuscrit, Encres Vives, Hélices, l’Harmattan, Publie.net, Unicité. Responsable de la revue littéraire en ligne « Le Capital des Mots ». Blogueur : « Les tribulations d’Eric Dubois, journal  ». Chroniqueur et co-animateur dans l’émission « Le lire et le dire » sur Fréquence Paris Plurielle (106.3 fm Paris) depuis 2010.
 .
Dernier livre paru ( en 2016 ) : « Chaque pas est une séquence » aux éditions Unicité.
 .

Mon texte est sur son espace virtuel dédié en particulier à la poésie
http://ericdubois.net « Les tribulations d’Eric Dubois »

ICI


L’ensemble des vases communicants de Mai 
Merci à Marie-Noëlle Bertrand