Le dé de l’homme, n’est pas le dé d’un dieu, ni celui …

Magnifique poème que celui de Mallarmé « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard« 

(bonjour … toi !?)

dont on peut trouver une sublime interprétation de Denis Lavant sous le nom « La machine rouge »

 

Ici il est question de l’univers, du nombre (et donc de la machine) et de l’humain.

En ce temps, que nous occupons de nos respiration, la question des liens entre ces trois termes est plus que jamais posée et plus nous nous y immergeons, moins nous sommes capables d’en percevoir le territoire et ce qui y grouille ou y est spectre.

Mallarmé dans la fin de son poème pose une réponse paradoxale qui offre une voie

« Toute Pensée émet un Coup de Dés »

On pourrait y voir une contradiction avec la première phrase du poème.
Il n’en est rien.
A condition d’y accepter, du côté de la pensée, une forme particulière de Dé.
Un Dé non discret, un Dé sans rien qui l »arête « , un Dé absolu celui de tous les possibles, celui précisément de l’esprit, un Dé au nombre infinie de faces , c’est à dire un Dé qui accepte de perdre la face pour émettre ou être le résultat, d’une pensée.


Cut off (réduction aux majuscules non isolées du poème)

UN COUP DE DÉS
JAMAIS
[QUAND BIEN MÊME LANCÉ DANS DES CIRCONSTANCES
ÉTERNELLES
DU FOND D’UN NAUFRAGE
(SOIT
LE MAÎTRE)]
N’ABOLIRA
COMME SI
COMME SI
SI
C’ÉTAIT
LE NOMBRE

EXISTÂT-IL
COMMENÇÂ-T-IL ET CESSÂT-IL
SE CHIFFRÂT-IL
ILLUMINÂT-IL

CE SERAIT
LE HASARD

RIEN
N’AURA EU LIEU
QUE LE LIEU
EXCEPTÉ
PEUT-ÊTRE
UNE CONSTELLATION


toute-pensee-cree-un-coup-de-de

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Les mots

les-mots-blanc


Tu les sens les virages ?


 

Forgé par des peuples entiers
d’âmes et de lèvres.

Avant même
que tes semblables le prononcent
il était.

En ta bouche il ne prend 
qu’un peu d’air

davantage si tu crois
en lui
en son pouvoir d’agir sur le monde
du bout de son aile.

Les Mots

les-mots-flammes

les-mots-p

les-mots-cendres

 

 

 


Les mots

Il ne pouvait se contenter de les regarder
Alors, il tournait autour comme un voleur
cherchant à les prendre avec les mains
sans trop se brûler

Fiévreux hésitant, il s’approchait, se reculait
puis s’approchait à nouveau
redoutant d’attendre trop
et de ne plus étreindre alors
que des cendres

Un

[Là bas l’enfant se tait pour toujours, mais]

Sur ses lèvres
les tiennes
des mots naissent
traversent son absence
se posent sur le bord de tes yeux
des siècles plus tard
et versent leur eau
comblant à jamais ta soif.

tu-es-dans-le-creux-de-ta-main-letc10

Vases communicants de septembre : « Vent, voile »

vasecommunicants Ces vases communicants de septembre, j’accueille LAMBERT SAVIGNEUX , qui a accepté cet « échange sprint » (conclu à quelques jours du terme)

Nous avions convenu d’une totale liberté de forme et d’un thème sans contrainte
« Ce que nous fait le vent » (à savoir qu’il peut être présent … par son absence autant que par son détournement)

C’est à peu près ce que nous avons fait.


 

Voile au vent, sur une photo d’Angèle Etoundi Essamba
vent_2
© Angèle Etoundi Essamba, voile et dévoilement, le livre

Par la force du vent
l’éclat d’une porte entrebâillée
j’ai vu
une voile blanche
une ombre figurer un cil
une main
ramène sur les yeux
pour que coupe le soleil
un air de coton
aussi blanc que l’écume

La nudité était dehors
dans l’étendue indifférente du monde
à portée de main
sur le mur qui s’écaille
beauté cratère
sous les brins tissés de la rue
l’érosion constante des choses
au fil de l’eau
sur les paupières
la morsure du sel
chauffée par la brulure

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© Angèle Etoundi Essamba

Ouvre le livre
c’est un chemin sur la beauté
intime et qui ne livre rien
une juste distance dans la vague des êtres
et dans l’optique le lointain
regard vers l’intérieur
l’œil épris des lointains
non le lointain qui éloigne
mais le lointain intime
qui par l’iris
semble filtrer
les fils des étendages
le doux sourire
toute la lumière obtuse du monde

La lumière
l’assurance sereine des jours
Un œil sans un visage
un buste sans un corps
seuls les murs se lézardent
la terre recouverte d’un peu d’herbe
la croute se forme sur la peau
conscient d’un mystère
uniquement
s’enrouler de nuit ou se croire
l’obturation maximale du jour
vivre dans le même lieu des mille voix
d’une vive voix qui n’est pas la sienne

Je ne peux parler à ta place
se confondre avec le sable
Mille voix et la mienne
plusieurs temps et un lieu
si j’y suis
et que tu es toi

Qui dit comment s’approcher
de la rudesse de l’eau
qui dit comment marcher sur le sable
tutoyer la distance
des infinies possibilités du labyrinthe
l’unique trou de souris
l’éclat du vent
la vie aux mille couleurs

vent_3

© Angèle Etoundi Essamba


écrit par LAMBERT SAVIGNEUX
pour #VasesCo du 02/09/16


Mon texte est sur son espace virtuel : Les vents de l’inspire


Les autres vases communicants du mois 
(Grand merci à Marie-Noëlle Bertrand)