(sous page n°7 de :) Les lectures d’un confiné – PArtaGE [Jorges Louis Borges]

Jorges Louis Borges rivalise avec Jean Giono en ce qui concerne les distorsions, modifications ou fausses pistes.
L’un a fait croire aux américains l’histoire de l’homme qui plantait des arbres,  ou  présenté « Le coeur cerf – grande poésie en prose – comme traduite du Bulgare ? L’autre que certains des contes qu’il donnait à lire étaient provenait directement de l’antiquité.

Pour la petite histoire qui va suivre, c’est cependant le cas. Puisqu’elle tient beaucoup (comme le précise Borges lui-même) du 351ème conte des mille et une nuit. Conte qu’il a cependant adapté à sa manière.

Ceux qui ne connaissaient pas l’origine de cette nouvelle reprocheront par la suite à Paulo Coelho d’avoir « emprunté » cette histoire à Borges alors qu’il n’a fait que donner une nième nouvelle écriture à une forme que l’on retrouve aussi dans les contes juifs, et dans ceux de l’Inde.

Histoire de l'infamie

(sous page n°6 de :) Les lectures d’un confiné – PArtaGE

Dans le monde réel, la notion de contraire n’existe pas, ainsi le « contraire » de Giono n’est en aucun cas André Dhôtel, même si tout semble les opposer.
Pourtant tout de même …

L'oeuvre logique de Rimbaud

Originaire, comme Rimbaud, du Nord de la France, Dhôtel pour plaisanter, s’étonnait parfois de la place particulière que l’on donne au « jeune » ardennais, du point de vue de l’expression poétique. « Chez nous tout le monde parle un peu comme cela ! »

Bien évidemment l’auteur « du Pays où l’on arrive jamais » n’aurait pas consacré plusieurs études à l’un des poètes les plus chéris en France, si son propos avait été autre que plaisanterie.

L’oeuvre logique de Rimbaud – André Dhôtel (II la ville)

(Comme J’ai lu ici l’extrait d’un essai,  je donne également un cours extrait d’un roman d’André Dhôtel. Où il est question – comme souvent – de « rendez-vous manqué » comme disent les anglais. De ces ratés qui cimentent une vie, lui évitant de se perdre dans … le confort (?))

Le plateau de Mazagran

Le plateau de Mazagran

(sous page n°5 de :) Les lectures d’un confiné – PArtaGE

le chant du monde

« Il y a bien longtemps que je désire écrire un roman dans lequel on entendrait chanter le monde (et ferait) percevoir le halètement des beaux habitants de l’univers.  »

Disait Jean Giono à propos de ce livre, en germe bien avant qu’il en ait écrit la première page.

Chez Junie

Bouche d’or et le « fleuve »

 

 

Les lectures d’un confiné – PArtaGE (suite)

[Rappel : Après des années d’existence en « camp volant » comme on dit (aussi) en Lorraine, je me retrouve dans un chez moi où l’ensemble de ma bibliothèque fait la belle au bois dormant en des cartons multiples.]

Pour rompre un peu l’isolement imposé par … les circonstances.
je te propose à nouveau un petit étal de livres (en majorité cette fois-ci ce sont des romans , …

Partage 2 - tout1

parmi lesquels tu peux choisir celui dont tu voudrais que je te fasse la lecture (ou te donne une page à lire).

Pour que tu y vois un peu mieux (tu peux cliquer sur une image pour l’agrandir)

Si tu hésites entre deux livres, indique les moi, je choisirai pour toi.


Rappel des lectures précédentes (plutôt des essais que des romans)

« Eloge de la lenteur » de Carl Honoré

« L’effort pour rendre l’autre fou » de  Harlod Searles

« La chasse au loup en Bretagne au XIXème siècle » de Frank Davies

« Les cheveux du baron de Munchhausen » de  Paul Watzlawick

« Orwell anarchiste Tory » de Jean-Claude Michéa

(sous page n°4 de :) Les lectures d’un confiné – 03 – PArtaGE

Quatrième demande, celle de Brigetoun 

Orwell anarchiste Tory

Anarchiste et … conservateur ! (mais qui ne l’est pas ne serait-ce que parce qu’il possède quelques biens et à minima … sa vie) c’est ainsi que George Orwell aimait à se définir.

Ce qui ne l’a pas empêché, on le verra dans cet extrait, de proposer des formes nouvelles pour un monde qu’il devinait en danger d’être happé par les totalitarismes.

Il pointe ici le danger qu’il sent venir du langage qui, de façon plus nette encore à notre époque, se voit grignoter sa capacité à dire le réel, chaque mot écrasé sous la pression du [1-0] (numérique), voyant disparaître sa (ses) profondeur(s).

 

(sous page n°3 de :) Les lectures d’un confiné – 03 – PArtaGE

Troisième demande, celle de Carnet Paresseux
(Exceptionnellement … je n’ai pas su choisir, moi non plus, entre ses deux propositions !)

Chasse aux loups

La chasse aux loups est un vieux livre (1875) on appréciera, ou pas, une phrase (respectée par la traduction) aux accents du passé (où le mot « sexe » , grimé plus tard en « beau sexe », désigne la femme.)
Un passage cependant n’a pas perdu de sa pertinente : celui où l’on évoque la capacité des animaux à suivre, en période de grand danger, d’instinct, celui d’entre eux qui est le plus à même de leur ouvrir la voie de secours.

 

les cheveux du barons de munchhausen

Paul Watzlawick que j’évoquais précédemment est un des choix proposés par Carnet Paresseux (très friand des histoires d’animaux.)

Le titre de l’ouvrage à un rapport avec le célèbre menteur, baron de surcroit qui prétendait s’être extirpé de sables mouvants avec son cheval en …
se tirant, vers le haut, par les cheveux !

L’auteur donne de la valeur à l’image, du point de vue de la dépression. Maladie pour laquelle, il semblerait que personne ne peut rien (comme le baron et son cheval, personne n’est là, ou ne semble l’être, personne ne peut sortir l’autre de la maladie)
il faut donc se soulever soi-même et comme le dit l’expression « s’en sortir par soi-même »

Dans le passage lu, P.W. évoque les « systèmes malades » ceux dont la rationalité n’est qu’apparente (!) , laquelle n’est en fait que rigidité et manque total d’adaptation, c’est à dire de capacité à moduler la règle.
On percute ici l’actualité à propos de règles dictées et de propos concernés par un autre passage de la lecture, celui de l’injonction paradoxale et du reproche en rapport avec une mauvaise perception de la réalité.

(sous page n°2 de :) Les lectures d’un confiné – 03 – PArtaGE

Deuxième demande, celle de Selenacht

l'effort pour rendre l'autre fou

Le motif évoqué ici par Harold Searles est celui que nous partageons tous, et qui est plus encore pressant, en ces temps, dit de guerre par certains, d’engagement citoyen, solidaire et sans violence, contre une menace sans conscience, pour d’autres parfois au péril de leur vie.

A ce propos je ferai un détour par une remarque d’importance que faisait Paul Watzlawick (théoricien de la communication et psychologue – « Ecole de Palo Alto ») à propos des situations de conflit :

« Vous êtes dans un petit hors-bord et un énorme bateau est sur le point de vous griller la priorité, vous regardez vers l’endroit où doit se trouver le pilote … Deux possibilités.

  1. Vous voyez ce pilote et il vous voit. Vous pouvez, si vous jugez en avoir le temps, tenter de faire valoir vos droits dans une négociation par geste menaçants ou non.
  2. Il n’y a personne dans la cabine de pilotage. Vous manœuvrez pour éviter la collision.

Nous sommes, pour l’engagement actuel concernant le coronavirus, dans la seconde situation. Il n’y a pas d’ennemi, personne ne conduit le bateau qui nous fonce dessus.

L’effort pour rendre l’autre fou – Harlod  Searles (p274-275)

(sous page n°1 de :) Les lectures d’un confiné – 03 – PArtaGE

Première demande, celle de Brigetoun

éloge de la lenteur-Brigetoun

Sous la tortue de la couverture, masqué par un autre livre du lot,
« Et si vous ralentissiez »

Il n’y a guère de période plus propice que celle où nous sommes actuellement, pour suivre cet excellent conseil, non en le subissant, mais, comme le disent les personnes évoquées dans l’extrait, en y gagnant un supplément de perception, c’est à dire d’occasions pour l’imagination, un supplément de vie.

Les lectures d’un confiné – 03 – PArtaGE

[Rappel : Après des années d’existence en « camp volant » comme on dit (aussi) en Lorraine, je me retrouve dans un chez moi où l’ensemble de ma bibliothèque fait la belle au bois dormant en des cartons multiples.]

en vrac - découpe

J’en suis à me repaître de lecture, picorant ça et là dans un
« tiens ! c’est toi … et tes complaintes de la butte. Tu lui a manqué à elle aussi, je crois.
ou
je t’avais presque oubliée, petit enfant étrange « du cinquième Nord » tu me refais … l’avion.
ou encore
Vous me remuez bien trop la pompe à sang, toutes les deux à vous ajuster si terriblement/bien, image et texte dans cette « double exposure », que je n’ose vous goûter qu’à toute petite dose, du bout des yeux
ou plus simplement
Oh Ben ! Raconte moi encore une de tes histoires si joyeusement tristes, si censément absurdes en ces contrées du Yiddishland.

Un peu égoïste ce plaisir, au milieu de tous ses amis si bavards et pourtant si lencieux.

Alors j’ai eu l’envie de partager.
C’est pas facile de partager !
Tu sors ton pâté de chevreuil –  une des dernières boites que Jacky a cuisinés, avant de nous quitter, presque serein, avec son beau sourire malicieux – comme un cadeau, pour le partage … et ils sont tous végétariens.
Flop !
C’est pas facile de partager.
Comme les révolutionnaires de 89, tu supposes bien trop que tes goûts et tes dégoûts sont universellement partagés.
Egomorphiste va !

Tant pis ! Je me risque !
J’ai jeté sur le sol du bout de grenier où j’ai posé deux tréteaux et une planche dont j’ai fait mon bureau (zut ! c’est pas deux tréteaux, mais deux vieux baffles qui ont presque la bonne hauteur pour passer les genoux) j’ai jeté donc, quelques livres sur le bout de moquette qui cache le béton, et …
je te propose, si d’aventure l’envie t’en prenait, de te donner une page* d’un des bouquins qui se trouvent à présent sur les photos de la mêlée.

1vrac04                    2  vrac01                   3vrac02                       4 vrac03

pour agrandir


* En écrit ou en voix.

Les lectures d’un confiné – 02

[Rappel : Après des années d’existence en « camp volant » comme on dit (aussi) en Lorraine, je me retrouve dans un chez moi où l’ensemble de ma bibliothèque fait la belle au bois dormant en des cartons multiples.]

Quelques pas dans le grenier, les 30 cartons du « sous la main » attendrons un peu (ils faisaient partie du voyage, eux n’était pas dans l’obscurité, sous la poussière.)
Tiens …Presque tout Dhôtel - L'honorable monsieur Jacques

Presque tout … et surtout « L’honorable monsieur Jacques »

Pauvre pharmacien, brillant universitaire, amoureux et sobre …
Alors que André Dhôtel est aux antipodes de Jean Giono, (autant l’un est volubile et large de l’oeil, du geste et de la plume, autant l’autre est discret, mesuré et loin de toute distinction du bien et du mal)  il y a pourtant un peu de « La femme du boulanger » dans ce qui se passe entre Viviane et Jacques
Ainsi, l’une ose dire
« Des fois, tu vois, j’ai peur d’avoir du plaisir quand j’en ai tellement tu es là le premier à me le prendre des mains avec les yeux. »
L’autre se tait et disparaît pour une raison du même ordre.

Jacques, c’est Job, mais sans l’héroïsme. Qualité qui aurait éloigné définitivement l’aimée.
Un Job qui devra lui aussi renoncer à comprendre, mais loin de toute ligne pieuse, tout au contraire. Car comment comprendre les habitants d’un hameau aussi loin de l’esprit de la ville (et de l’université où excelle Jacques) qu’Attila l’était de Louis le quatorzième.

Comme tous les romans de Dhôtel, (et comme la découverte de la Calabre (sourire)²) je  déconseille « L’honorable Monsieur Jacques » à tous ceux qui
Aux autres qui pas
je souhaite le bonheur qui m’étreint à chaque fois que j’ouvre le livre au hasard sur un passage.

L'honorable monsieur Jacques - superstitions


Un spécialiste de la théorie de l’information, ou de la physique quantique pourrait comprendre Viviane, et la prescience qu’elle a de ce qui fonde cette théorie, à savoir que toute information est désinformante et que le regard (la parole) modifie ce sur quoi elle se pose.
Mais qui a lu « The rose » connait le caractère chétif de la raison, face (ou sans) la perception. André Dhôtel n’a rien voulu dire de cela, même si la Saumaie s’en protège, autant que de toutes les habiletés.


Un sens du silenceL'honorable monsieur Jacques - la lettre