Déchiffrer

C’est peut-être le second apprentissage fondamental pour l’enfant


Les concepts initient la numérisation du monde

LE CONCEPT INITIE LA NUMÉRISATION-carte mentale
les chiffres l’achèvent

LE CONCEPT INITIE LA NUMÉRISATION-digit

Le poète y met un coup
de pied

LE CONCEPT INITIE LA NUMÉRISATION-coup de pied-enfant


de couteau
de …

LE CONCEPT INITIE LA NUMÉRISATION-coup de pied-4
que son lecteur dé-chiffre


[à défaut … il n’y a pas de pire captivité que celle
de la prison des mots]*


(merci de bien vouloir
à ces mots
mettre un coup de couteau)

Publicités

Vulgum Lupus (lecture Lélio Lacaille)

Lélio n’a pas voulu s’extraire de son exil pour lire ce texte,
il aurait lu tout autre texte sans un accent
mais je suis certain que pour celui-ci, sur la trace de Toto Bissainthe qui a aussi bien chanté Saint Germain des prés (et Ferré) que Papa Loko
pour Vulgum Lupus
il aurait retrouvé le parlé créole.

Je me suis permis, osant la maladresse, d’imaginer cette lecture
qui me semble être celle pour laquelle j’ai écrit ce poème.

Quand l’âme d’un tricheur parfume la rue

cherchait la carte qui est si délirante qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre-

(cliquer pour agrandir)


Dans une ruelle de Buis Les Baronnies – où un costaud ne passe que de profil
à deux pas du Bar Des Cigales
presque en face de l’appartement d’un régisseur/comédien/metteur en scène de théâtre.

as de carreau


Un des regards sur le réel, qu’à orienté ces derniers mois
le délicieux thème de la revue « La piscine »
« L’âme des lieux sans âme »
Comment ne pas penser à André Dhôtel ?

Elle n’attendait que cela

Non, ce n’est pas la muse qui inspire
provocant ainsi l’acte de création
Enfant qui danse-[par exemple poétique]
tout au contraire
c’est le poème, le chant …
qui
se faisant
en nous, avec nous, de nous
dilate un espace
(comprimé d’ordinaire en nos lieux intimes)
espace en lequel
la muse
qui n’attendait que cela
s’installe, danse, joue la belle
croque à pleine dents
se réjouit comme une enfant
et par la même
amplifie notre joie.

Bandit gentil

bandit gentil-

Bandit gentil
d’où tiens tu cette aisance
ton contour
jusqu’à celui de ta malice
et celle des lieux
qui s’ajustent si bien

Bandit gentil
donne moi du regard
un peu de ce qu’il y a là bas
un peu du son de ce grand tambour
grave et joyeux
un peu de l’odeur de la terre où il bat

Bandit gentil
ce cordon invisible
depuis ton autre nombril
au milieu de ton front
profites-en bien

 

bandit gentil-

L’âge de raison ?

l'âge de raison-– Monsieur, quelle heure est-il s’il vous plait ?
– Eh bien voilà un jeune homme bien poli !
Ce sont tes parents qui t’ont enseigné les belles manières ?
– Non, c’est ma grand-mère. Mes parents, eux, ils ont disparu avec ma petite sœur et mon grand-père après un bombardement.
Il parait qu’ils ne peuvent pas revenir parce qu’il y a trop de pierres sur eux.

– Oh ! Je suis désolé pour toi mon p’tit gars, vraiment désolé.
Quel âge as-tu ?
– Tout juste l’âge de raison disait grand-mère.
– Tu sais, chez moi, dans l’Idaho j’ai aussi un jeune qui m’attend.
Lui aussi a tout juste l’âge de raison, tu lui ressembles un peu.

Oui, je suis vraiment désolé pour ta sœur et tes parents.
Tu as un rendez-vous, quelqu’un t’attend ?
– Non, pas de rendez-vous. Grand-mère est partie au paradis d’Allah il y a six mois, et le lit en fer de l’orphelinat ne m’attend pas.
Je peux voir votre montre, s’il vous plait monsieur ?
– Elle te plait ma montre ?
– Je ne sais pas monsieur, je voudrais juste savoir l’heure.
– 11h00 … pas tout-à-fait … il sera 11h00 tout bientôt mon garçon.
– Merci monsieur le soldat. Tout bientôt mon sac à dos va m’aider à rejoindre ma famille, au ciel, et vous avec.

addsous – 2

Quand j’ajoute

un mince et fluctuant ruban d’encre

sur la feuille de papier,

je soustrais à ta vue un peu de sa peau.

 

Cette peau si blanche

mais pas que.*

 
__
* Regarde bien son dialogue avec l’obscur
c’est ton oeil conceptuel
qui empêche ton oeil réel
de voir le grain de cette peau
jusqu’à l’instant où tu parviens
à faire taire en toi
l’idée de papier.

Appâts – Atrides

Nemours Bisainthe : Lélio, Je vous remercie de cette proposition d’entretien dans cet ici que nous avons établi grâce à une liaison satellite avec le lieu où vous vous tenez actuellement et que vous souhaitez tenir secret.
En préalable à tout échange j’aurais une question de forme à vous poser.

Lélio Lacaille : Mais posez donc vous savez bien qu’ici il y a de la place.

N.B. : vous avez souhaité prendre la parole sur les ondes de « cap à ici » pour donner votre sentiment à propos des projets de lois qui font tant de bruit ici et là.
Est-ce pour vous en débarrasser, ou comptez vous le reprendre en partant.

L.L.: J’ai l’intention de le partager à la manière de Saint Martin car j’ai bien l’impression de voir courir un peu partout des gens fort dévêtus en ce qui concerne précisément le sentiment et en conséquence l’opinion. Cette opinion qui nous aide à ne pas adhérer à n’importe quelle surface gluante à laquelle nous nous serions heurté par mégarde.
Mais, brisons là. Rentrons dans le vif s’il en est encore.

N.B. : Entrez, entrez donc !

L.L. : Je me contenterai d’évoquer – en raccourcissant un peu et en travestissant ce qu’il faut pour que l’on se donne la peine d’aller y voir de ses propres yeux – l’histoire de ce dont on souhaite nous priver si nous nous comportons très mal.

N.B. : Mes oreilles sont sur vos lèvres.

L.L. : Il y a bien longtemps, l’homme qui naissait libre n’avait aucun des identifiants qui permettent d’une part de l’identifier de façon mécanique – aux moyens des outils qui manipulent le code – d’autre part de s’en rendre propriétaire. Il n’avait pas de nom de famille et non plus de nation au sens auquel nous l’entendons.
Dans l’idéal, il n’était donc ni traçable ni mobilisable (sans contrainte) du fait de l’appartenance à une patrie ayant droit de vie et de mort sur lui.
Il est évident que l’on pourrait faire une longue liste des avantages que nous avons gagnés suite à ces obligations de l’identité à vie et du devoir d’aller éventuellement mourir « pour une patrie ». Cependant il est tout à fait concevable que pour certains humains ces avantages ne valent pas la liberté perdue et cette menace de mort impersonnelle planant au dessus de leur tête. Pour eux, le fait de devenir apatride pourrait ne pas être une peine, mais un soulagement.

N.B. : J’ai un peu de mal à vous suivre et je ne sais si j’en ai réellement envie. Mais dans l’immédiat quelle conséquence pourrait avoir ce que vous dites, pour peu que cela ait un sens ?

L.L. : Et si ceux dont j’évoque l’hypothétique existence se mettait à réclamer le statut d’apatride ? n’y aurait-il pas un terrible retournement des men…

N.B. : Lélio…. Lélio ? … Je crois que nous avons été coupé.

 

Enfants, sillages

 

Nous ne sommes pas morts !
à cheval sur la balançoire
les ailes humides dans le soir

Nous ne sommes pas morts !
juste un peu assoupis
les hommes ont tellement d’ennuis
et nous sommes si petits

Nous ne sommes pas morts !
à regarder nos yeux brillants
qui reconnaîtrait des enfants ?

Nous ne sommes pas morts !
et toi monsieur, tu es vivant ?