Présences

[actualisé le 13/07/2016]

présence-3

Elles n’étaient pas assez nombreuses pour plusieurs présences.
Cela diminuait un peu le plaisir
mais la joie du cadeau ainsi offert,
qui jouait des milliers de nuances de couleurs de leur corps
était prodigieuse.
Rare bien sûr,
car la fatigue était grande pour ces petites créatures peu habituées
à ce genre de  prouesse
et puis
elles avaient aussi le travail de la journée.


Le résultat était tout à fait étonnant, la présence semblait réelle, toutes les nuances de l’être disparu étaient rendues par le nuage de ces petits êtres multicolores qui souhaitaient tant apaiser la tristesse de Tamel.


Damouce marchait lentement sur la terre poussiéreuse du sentier qui serpentait entre les arbres. Avec de temps à autres des à-coups, de ces maladresses du corps pleines de cette grâce propres aux tout jeunes enfants dont le pas n’a pas encore été discipliné par la promenade et les intervalles réguliers de la montre.
Tamel reconnaissait son amie, même s’il peinait un peu à saisir la lumière de son regard.
Elle portait une robe légère aux plis froissés par le vent qui lui laissait les bras et le bas des jambes à nu.
Damouce ramassa quelques cailloux, un morceau de mousse sur une pierre, un escargot qu’elle posa délicatement au cœur d’un buisson aux feuilles fraîches, bien à l’écart du chemin, puis elle s’évanouit, se dispersa dans le vol des abeilles.

Ses amies  s’en retournaient à leurs obligations quotidiennes, après avoir offert à Tamel quelques instants de grâce puisés au fond de sa mémoire.
Demain peut-être, pour quelques secondes, elles lui redonneraient la présence d’Archos ou de sa mère.


Essai de lecture du texte

Réformé qu’ils disaient …(enterré oui !)

je le savais bien malade.
j’allais de temps à autre le visiter
dans la chambre où il était alité, faible sous perfusion.

J’y rencontrais parfois
certains fidèles qui croyaient encore en sa survie.

Lorsque je me suis aperçu qu’il avait disparu de l’Hôpital
j’ai compris qu’il avait fini à la morgue.

Photo de Aunryz Tamel.Je n’irai pas à son enterrement.
Mais en souvenir de ses bons et loyaux services durant si longtemps
à défaut de conserver celui qu’il était
je lui tire mon chapeau !Et en souvenir de lui
désormais je ne marcherai plus jamais la tête nue.

(Anne Frank) – Oui, c’est vrai, le papier a de la patience

Anne Frank
« Oui, c’est vrai, le papier a de la patience, et comme je n’ai pas l’intention de jamais faire lire à qui que ce soit ce cahier cartonné paré du titre pompeux de « Journal », à moins de rencontrer une fois dans ma vie un ami ou une amie qui devienne l’ami ou l’amie avec un grand A, personne n’y verra probablement d’inconvénient. »

Anne
nous sommes cet ami
tu en as une foule d’autre ici
qui aiment à lire
ce que tu nous as laissé de toi.
Et tous, nous espérons que
même (surtout) ceux qui ne savent rien de toi
pourrons te lire par hasard, par désir, par urgence
et que tes écrits libres de tout (et notamment de droit)
voleront de l’un à l’autre
distillant ici et là
ce que tu nous as laissé de toi
et de cette humanité qui m’étonne encore
au détour de chaque mot de ton JOURNAL.

A propos des manoeuvres des ayant droit pour que le journal d’Anne Frank ne devienne pas libre … de s’envoler.

Complément d’information Sur affordance

A propos du journal 

halte

Il aurait fallu
se soustraire quelques instants
le temps d’une petite éternité
juste pour sentir
en regardant glisser les nuages
d’où vient le vent

alors on aurait su
l’avenir des prairies, des déserts
des arbres et des bêtes
les lieux en promesse de vie
les roches en enfance
les sources en chrysalide
et peut-être même
le point d’où le prochain soleil
fera l’aube nouvelle

Alors on se serait remis en chemin