Déluge

elle fut
larme qui n’osait se dire
au visage
puis
averse d’été sur la peau
flaque à mouiller les chaussures d’enfants
mare promesse de voyages minuscules
étang où la mélancolie se donne aux nénuphars
lac où la barque glisse oubliant tout rivage

déluge-
je ne suis plus qu’île
entourée de ses bras.

Usure


brumes - languette- 02

Nuage sans averse
brouillard que le regard traverse
sans le voir
si le silence le recouvre
d’un pieux manteau de deuil sans défunt
la lumière le protège d’une clarté qui nait
sous les feuillages dentelés de l’ennui
là est le souvenir refusé
plaie vive que la brise du temps
efface sans songer
laissant au ciel
désespérément bleu
la déchirure béante d’un néant déserté.

brumes bleu - languette

non pas …

Quelques pas vers l’étang
Les mains inutilesreflet-0
vides le long des jambes
Et la lueur lointaine
eau et feu mêlés
Pas d’impatience
(la pierre)
Monde est le chemin
sous nos branches dépouillées

Le pied ne bouge pas
mais qu’importe !
ici rien du temps
le regard seul emporte
quelques pas vers l’étang.

Perdre … retrouver la face

reflet-0

L’un demande
se demande
si la voix qu’il entend est bien sa voix.
L’autre
si ce que lui renvoie
– sans violence
mais avec l’insolence naïve de l’enfant –
cette surface qui n’existe pas
est bien son visage
ou la forme approximative de son visage
quand le vent ne trouble pas l’onde.

Autour d’eux
la lumière
l’espace de la lumière
du chant des mondes
et des parfums
se moque.
Se moque comme un père
qui voit les premiers pas de son enfant
hésitants, maladroit.

Autour d’eux
un monde de silence
caresse leur présence
et sans hâte
avec une infinie tendresse
attend leur trépas.