Gilles Dowek … non réponse radicale d’un homme 0-1*

[* Non réponse radicale d’un homme tout numérique ?.]

A Grenoble lors d’un cycle de conférence sur « matière et pensée », après avoir longuement disserté sur le calcul …
à un auditeur lui demandant s’il pouvait évoquer le second terme de la conférence, Gilles Dowek répondit « Il me semble que la pensée n’est pas un concept pertinent ».

A G.D. (auquel un certain nombre de ceux qui l’on entendu ont suggéré de lire Pierre Levy**) nous devons, récemment, une plus forte présence du numérique dans la tête de nos bambins et donc un déséquilibre accru entre l’enseignement du compliqué (discontinu : machine et calcul) et celui du complexe (continu : le vivant et son environnement)

Récemment, G.D. à fait paraître (co-écrit avec Serge Abiteboul)
: « Le temps des algorithmes »
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Sur ce livre qui dénonce ceux qui effraient le public du mot algorithme, tout en l’engageant à en être fasciné, j’ai souhaité faire un retour à Gilles Dowek.

Séparant le corps (son texte) et l’esprit (ses auteurs) dans une démarche étonnamment archaïque (sourire)² G.D.

M’a répondu (d’une très moderne écriture inclusive (sourire)²²² )

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« Cher Monsieur,

J’ai bien reçu vos différentes courriers. Je réponds à tous les courriers que je reçois, 
sauf ceux qui contiennent des attaques personnelles. »

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  • Je ne pense pas que l’on puisse dissocier totalement l’écrit de son auteur.
  • Mon courrier n’est pas conçu comme une attaque personnelle contre l’auteur, mais concerne ce grand déséquilibre dans les enseignements actuels, les matières littéraires, d’éducation physique et artistiques étant de plus en plus enseignées avec les outils (pour ne pas dire « comme ») des sciences dures.

———- Mon courrier à Gilles Dowek ———

J’ai lu avec intérêt la partie disponible de l’ouvrage que vous avez co-écrit avec Serge Abiteboul concernant les algorithmes.

****  REM
* Tout d’abord une petite remarque
* Lorsque vous écrivez 
* « Ils sont ce que nous avons voulu qu’ils soient.« 
* Il y a là tout ce qui, dans le mot, piège la pensée.
* Qu’englobe ce nous ?
* C’est contre ce type de généralisation que certains, un peu partout sur la planète, et 
* notamment dans les pays « avancés » se rebellent, de façon plus ou moins désordonnées (parfois par leur vote). Ayant le sentiment qu’on leur à  
* confisqué le JE.
* Ce « on » étant ceux qui écrivent des livres, qui parlent à la télé, à la radio, et tiennent en otage le verbe.
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Je n’évoquerai pas la substance du livre (n’en ayant lu que le début)
mais seulement 
Ses ressorts … une angoisse qui est dénoncée mais sur laquelle s’appuie assez complaisamment le propos.
Le fait qu’il participe à la monopolisation du réel par le numérique, au détriment de tout ce que le SCIENTifique** ne parvient pas à saisir du continu. (l’analogique)
Il me semble que 
de même qu’on a pu dire que 
dans 50 ans des architectes pourront être accusés de crime contre l’humanité
de même 
dans 50 ans ou moins,
ceux qui ont dirigé les petits d’homme vers le tout discontinu (le numérique)
le seront.
Vous n’avez pas répondu il y a quelques années à mon dernier courrier
certainement bien trop long
Je ferai donc plus court en vous invitant à lire ou relire une citation de Kepler
(à lire dans le cadre)
et un extrait d’un texte de Monique Linard [Le texte a 30 ans !]
Très cordialement
Luc Comeau-Montasse
du fagot des Nombreux
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Il y a une réelle réflexion à mener sur ce qui est spécifique à l’homme (et de façon plus général au vivant) … avant d’engager l’enfant dans une voie où il imite plus le mode de fonctionnement de l’ordinateur et ses « talents » que ceux des hommes qui l’ont précédé et l’appropriation de leurs legs.

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* Non réponse radicale d’un homme tout numérique ?.

** qui a abordé les mêmes thèmes, à une toute autre profondeur, en les incluant dans une problématique bien plus vaste, notamment dans
La Machine univers. Paris : La Découverte, 1987.
Les Technologies de l’intelligence. 1990.
L’idéographie dynamique. 1992.
L’Intelligence collective. 1994.

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