Bredouillement de Lélio Lacaille en direction de la girafe à piston

Xavier Frandon, Frederic Dechaux, Patrice Maltaverne, Jean-claude Goiri ont écrit d’une seule main pour la « Girafe à Piston » un texte qui contient ces phrases :
 » Nous disons : la poésie n’est pas en perdition, elle n’est pas morte, elle n’a pas non plus à être « défendue ». « 
Après, et avec moult hésitations, Lélio Lacaille lui bredouille cette objection :
Euh …Dessa001-
La poésie
celle qui finit, celle qui s’étend sur la page
est toujours
(sauf erreur de ma part … ce qui ne serait que la suite d’une longue erreur primordiale)
morte !
Certes, parfois, quelqu’un lui fait le bouche à bouche
et
pour peu qu’il y ait mis du coeur,
recrachant tout ce qui lui avait engorgé l’être
(de commentaire, voire pire, d’études, de thèses et de prothèses)
la poésie respire à nouveau quelques instants.
[instant qui valent parfois la peine qu’ont pris alors les lèvres]
Euh …
« pas à être défendue » ?
La poésie est souvent fendue, percée, dissoute
par ceux qui
scientifiques, cabinets de normalisation, politiques, publicitaires , journalistes …
ayant usé le verbe jusqu’à la trame
cherchent avidement à renouveler la matière première indispensable à leur activité
à savoir la parole qui sent encore le vivant
ils pillent alors allègrement du côté des rechargeurs de mot.
C’est pourquoi mot est constamment en « perdition »
c’est pourquoi la poésie coule … sans cesse
et le plaisir est pour certains d’entre nous
d’assister à ce serein naufrage.
Euh …
J’en suis !