Lenturies LVIII

lenturies-lviii-image(Lélio Lacaille, lors d’une nuit passée dans une grotte, sur les hauts de Chamouse, à observer ses rêves tourner autour de son refuge comme des vautours au-dessus du cadavre d’un mouton, retrouva soudain en bouche le goût tendre et sucré du double silence, en même temps que ce parfum qui l’avait quitté le jour où il avait enterré son chat … à quelques pas de là.
C’est à cette occasion qu’il écrit ce quatrain des Lenturies dont le numéro s’est perdu . Il lui en  donc été attribué un au hasard*

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En vol

 

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* « ….. » & « ….. »

** Au moyen d’une formule prenant en compte le nombre de mots du quatrain et qui n’a pas été retenue.


Le zéro du numeux s’emplira de lumière
tandis que toute poche se trouvera vidée
son contenu coulant comme miel échauffé
appelé d’une voix toute gorgée de terre.

Lenturies XVIII

(Lélio Lacaille, après avoir passé trois jours et trois nuits à observer, fasciné, le travail de cet alchimiste que le scient nomme vers de terre, fut envahi fugitivement du double silence.
Lorsque cette courte éternité le libéra, quatre vers lui demandèrent sa main.
C’est ainsi que naquit le quatrain des Lenturies qui reçut par la suite le numéro dix huit**

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En souffle

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* « ….. » & « ….. »

** Ces numéros furent distribués au hasard par Maurice de Thaelm qui hérita des feuillets. Raison pour laquelle il existe plusieurs quatrains ayant le même numéro.


A l’horizon rougi tous les enfants verront

L’ancêtre de l’ancêtre approcher son regard

Sa voix sa chair son eau et ses gouffres profonds

Les lèvres étonnées y puiseront l’espoir.

Lenturies XVII

(Lélio Lacaille, environné soudainement d’un vol d’étourdis à plumes, émerveillé par l’unicité de ce grand corps mouvant aux virevoltes imprévisibles, sentit sa caverne traversée par les deux silences* dont parle Maurice de Thaelm dans son traité du même nom .
Libéré de ceux-ci après trois mois de vol virtuel en cette bruyante compagnie**, il écrivit le dix septième quatrain de ses Lenturies
)

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* « ….. » & « ….. »

** Chacun sait qu’il n’y a rien de plus bruyant que ce double silence.

Lenturies XV

(Lélio Lacaille, une jeune pie à la plume encore proche du duvet s’étant posée sur son épaule et lui ayant picoré l’oreille à la manière d’une amante, entendit, aussi distinct que l’absence de cri du volatile, les deux silences* dont parle Maurice de Thaelm dans son traité du même nom .
Dans la même goutte lui vint ce quatrain, qui reçut par la suite le numéro que l’on sait, au sein de ses Lenturies**
)

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* « ….. » & « ….. »

** Du fait d’une erreur de mise en page de la part de celui qui les jeta au feu

*** Cette version diffère de l’original – censure d’un astronome – il faut bien entendu lire « transe » .


Ils attendront dans l’impatience 
un hiver qui ne viendra pas
tandis que les planètes en transe en danse***
prophétiseront leur trépas

Lenturies – XIV –

(Lélio Lacaille, accusé de détourner les sources, les consciences, les âmes fragiles et la conversation se retourna quelque temps en lui-même, il y trouva l’un des deux silences* propice à l’écriture qui lui fit écrire quelques quatrains, réunis par la suite sous le nom de Lenturies.
Celui-ci est le quatorzième. **)


XII

Se réclamant du bois on le fera bûcher
affirmant haut sa foi on le fera tomber
Il brûlera les uns qu’il désirait amis
Et baisera les pieds de ses pires ennemis

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* « ……. » & « ……. »
** Tout autre récit, y compris de ma main, qui prétendrait cela serait un faux à détruire sur le champ. Sur papier ou sur écran.

Lenturies – X –

(Lélio Lacaille, le crane ouvert par une pensée trop ventrue et trop dense pour s’en échapper autrement – à moins que ce ne soit le contraire – eut l’esprit  soudain figé dans les deux silences* dont parle Maurice de Thaelm dans son traité du même nom  .)


X

une seconde nuit recouvrira la terre
alors que dos brûlant et le ventre glacé
s’agiteront en vain pour une Ève guerrière
au milieu des clameurs les Adam condamnés

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* « ….. » & « ….. »

Lenturies – IX –

(Lélio Lacaille, après la perte de son chien dans des circonstances troubles, la nuit dans ses oliviers de Calabre, s’enferma quelques jours en ses murs
Le temps transpirant d’une tristesse granuleuse propice à l’écoute des deux silences*, lui inspira des quatrains réunis par la suite sous le nom de Lenturies.
Celui-ci est le neuvième.)


 VII

Hautes grappes d’insectes accaparant le jour
lâcheront avant l’heure la formule du soir
le coq sera muet et l’âne sera sourd
aux murailles tombées au nouvel abattoir

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* « …. » & « ….. »