(sous page n°5 de :) Les lectures d’un confiné – PArtaGE

le chant du monde

« Il y a bien longtemps que je désire écrire un roman dans lequel on entendrait chanter le monde (et ferait) percevoir le halètement des beaux habitants de l’univers.  »

Disait Jean Giono à propos de ce livre, en germe bien avant qu’il en ait écrit la première page.

Chez Junie

Bouche d’or et le « fleuve »

 

 

Les lectures d’un confiné – PArtaGE (suite)

[Rappel : Après des années d’existence en « camp volant » comme on dit (aussi) en Lorraine, je me retrouve dans un chez moi où l’ensemble de ma bibliothèque fait la belle au bois dormant en des cartons multiples.]

Pour rompre un peu l’isolement imposé par … les circonstances.
je te propose à nouveau un petit étal de livres (en majorité cette fois-ci ce sont des romans , …

Partage 2 - tout1

parmi lesquels tu peux choisir celui dont tu voudrais que je te fasse la lecture (ou te donne une page à lire).

Pour que tu y vois un peu mieux (tu peux cliquer sur une image pour l’agrandir)

Si tu hésites entre deux livres, indique les moi, je choisirai pour toi.


Rappel des lectures précédentes (plutôt des essais que des romans)

« Eloge de la lenteur » de Carl Honoré

« L’effort pour rendre l’autre fou » de  Harlod Searles

« La chasse au loup en Bretagne au XIXème siècle » de Frank Davies

« Les cheveux du baron de Munchhausen » de  Paul Watzlawick

« Orwell anarchiste Tory » de Jean-Claude Michéa

(sous page n°4 de :) Les lectures d’un confiné – 03 – PArtaGE

Quatrième demande, celle de Brigetoun 

Orwell anarchiste Tory

Anarchiste et … conservateur ! (mais qui ne l’est pas ne serait-ce que parce qu’il possède quelques biens et à minima … sa vie) c’est ainsi que George Orwell aimait à se définir.

Ce qui ne l’a pas empêché, on le verra dans cet extrait, de proposer des formes nouvelles pour un monde qu’il devinait en danger d’être happé par les totalitarismes.

Il pointe ici le danger qu’il sent venir du langage qui, de façon plus nette encore à notre époque, se voit grignoter sa capacité à dire le réel, chaque mot écrasé sous la pression du [1-0] (numérique), voyant disparaître sa (ses) profondeur(s).

 

(sous page n°3 de :) Les lectures d’un confiné – 03 – PArtaGE

Troisième demande, celle de Carnet Paresseux
(Exceptionnellement … je n’ai pas su choisir, moi non plus, entre ses deux propositions !)

Chasse aux loups

La chasse aux loups est un vieux livre (1875) on appréciera, ou pas, une phrase (respectée par la traduction) aux accents du passé (où le mot « sexe » , grimé plus tard en « beau sexe », désigne la femme.)
Un passage cependant n’a pas perdu de sa pertinente : celui où l’on évoque la capacité des animaux à suivre, en période de grand danger, d’instinct, celui d’entre eux qui est le plus à même de leur ouvrir la voie de secours.

 

les cheveux du barons de munchhausen

Paul Watzlawick que j’évoquais précédemment est un des choix proposés par Carnet Paresseux (très friand des histoires d’animaux.)

Le titre de l’ouvrage à un rapport avec le célèbre menteur, baron de surcroit qui prétendait s’être extirpé de sables mouvants avec son cheval en …
se tirant, vers le haut, par les cheveux !

L’auteur donne de la valeur à l’image, du point de vue de la dépression. Maladie pour laquelle, il semblerait que personne ne peut rien (comme le baron et son cheval, personne n’est là, ou ne semble l’être, personne ne peut sortir l’autre de la maladie)
il faut donc se soulever soi-même et comme le dit l’expression « s’en sortir par soi-même »

Dans le passage lu, P.W. évoque les « systèmes malades » ceux dont la rationalité n’est qu’apparente (!) , laquelle n’est en fait que rigidité et manque total d’adaptation, c’est à dire de capacité à moduler la règle.
On percute ici l’actualité à propos de règles dictées et de propos concernés par un autre passage de la lecture, celui de l’injonction paradoxale et du reproche en rapport avec une mauvaise perception de la réalité.

(sous page n°2 de :) Les lectures d’un confiné – 03 – PArtaGE

Deuxième demande, celle de Selenacht

l'effort pour rendre l'autre fou

Le motif évoqué ici par Harold Searles est celui que nous partageons tous, et qui est plus encore pressant, en ces temps, dit de guerre par certains, d’engagement citoyen, solidaire et sans violence, contre une menace sans conscience, pour d’autres parfois au péril de leur vie.

A ce propos je ferai un détour par une remarque d’importance que faisait Paul Watzlawick (théoricien de la communication et psychologue – « Ecole de Palo Alto ») à propos des situations de conflit :

« Vous êtes dans un petit hors-bord et un énorme bateau est sur le point de vous griller la priorité, vous regardez vers l’endroit où doit se trouver le pilote … Deux possibilités.

  1. Vous voyez ce pilote et il vous voit. Vous pouvez, si vous jugez en avoir le temps, tenter de faire valoir vos droits dans une négociation par geste menaçants ou non.
  2. Il n’y a personne dans la cabine de pilotage. Vous manœuvrez pour éviter la collision.

Nous sommes, pour l’engagement actuel concernant le coronavirus, dans la seconde situation. Il n’y a pas d’ennemi, personne ne conduit le bateau qui nous fonce dessus.

L’effort pour rendre l’autre fou – Harlod  Searles (p274-275)

(sous page n°1 de :) Les lectures d’un confiné – 03 – PArtaGE

Première demande, celle de Brigetoun

éloge de la lenteur-Brigetoun

Sous la tortue de la couverture, masqué par un autre livre du lot,
« Et si vous ralentissiez »

Il n’y a guère de période plus propice que celle où nous sommes actuellement, pour suivre cet excellent conseil, non en le subissant, mais, comme le disent les personnes évoquées dans l’extrait, en y gagnant un supplément de perception, c’est à dire d’occasions pour l’imagination, un supplément de vie.

Les lectures d’un confiné – 03 – PArtaGE

[Rappel : Après des années d’existence en « camp volant » comme on dit (aussi) en Lorraine, je me retrouve dans un chez moi où l’ensemble de ma bibliothèque fait la belle au bois dormant en des cartons multiples.]

en vrac - découpe

J’en suis à me repaître de lecture, picorant ça et là dans un
« tiens ! c’est toi … et tes complaintes de la butte. Tu lui a manqué à elle aussi, je crois.
ou
je t’avais presque oubliée, petit enfant étrange « du cinquième Nord » tu me refais … l’avion.
ou encore
Vous me remuez bien trop la pompe à sang, toutes les deux à vous ajuster si terriblement/bien, image et texte dans cette « double exposure », que je n’ose vous goûter qu’à toute petite dose, du bout des yeux
ou plus simplement
Oh Ben ! Raconte moi encore une de tes histoires si joyeusement tristes, si censément absurdes en ces contrées du Yiddishland.

Un peu égoïste ce plaisir, au milieu de tous ses amis si bavards et pourtant si lencieux.

Alors j’ai eu l’envie de partager.
C’est pas facile de partager !
Tu sors ton pâté de chevreuil –  une des dernières boites que Jacky a cuisinés, avant de nous quitter, presque serein, avec son beau sourire malicieux – comme un cadeau, pour le partage … et ils sont tous végétariens.
Flop !
C’est pas facile de partager.
Comme les révolutionnaires de 89, tu supposes bien trop que tes goûts et tes dégoûts sont universellement partagés.
Egomorphiste va !

Tant pis ! Je me risque !
J’ai jeté sur le sol du bout de grenier où j’ai posé deux tréteaux et une planche dont j’ai fait mon bureau (zut ! c’est pas deux tréteaux, mais deux vieux baffles qui ont presque la bonne hauteur pour passer les genoux) j’ai jeté donc, quelques livres sur le bout de moquette qui cache le béton, et …
je te propose, si d’aventure l’envie t’en prenait, de te donner une page* d’un des bouquins qui se trouvent à présent sur les photos de la mêlée.

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pour agrandir


* En écrit ou en voix.

L’avion est un petit oiseau

Cela vient à chaque fois en même temps que l’envie de poésie.

Bien sur, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite.
Au début je prenais l’un pour l’autre :
Cyrano préparait une lettre d’amour et le bellâtre la récitait.

Ainsi j’ai longtemps cru que ma joie venait du poème, de cette irruption du mot en ses  beaux atours qui suivait plus ou moins proche d’elle, cette tension des peaux
– propre à faire venir la clarté –
celle du dos de la main
celle qui tapisse la paroi interne du cœur
ou celle du scribe
– cet esclave qui transcrit sur ordre le chant de leur désir et qui, toujours, trahit un peu, tant est grand son appétit de pouvoir –
cette tension que je vivais dans l’impatience
sans comprendre qu’elle était la source même de mon plaisir.

Depuis peu je sais qu’il me faut renverser les apparences.

Poésie-1111

Le poème n’est que la trace d’un pas sur le chemin, l’indice d’une présence passée.
Lorsque les mots viennent à s’écouler de la plume, je sais que « ça » n’est plus là.
L’haleine chaude a disparu, mes tempes ne sont plus maintenues comme par un mélange d’amitié et de crainte, le châle d’une amante ou les fers de la captivité.

Pourtant, il reste un peu de cette présence dans la forme des vers,
le déséquilibre harmonieux de certaines consonnes et même dans l’espace qui s’ouvre lorsque le texte se referme.

Mais cela est si peu comparé à cette brûlure qui traverse mon corps juste avant que la plume ne se libère en des rondeurs pensées.

Un jour
quand je saurai les paroles
dont autant la couleur que le contour n’est que silence
alors je n’aurais plus besoin du poème
pour voler.

(ni de mes chairs pour exister)

___

* étymologiquement valide

[Oracles] Goules en formation – 03-01-2020

Goules en formation
provenant de divers mondes
sous terrains ou aériens.


 

Les arbres sont allés-j

Les arbres sont allés vers d’autres territoires
Ils n’ont laissé ici que valets en parfums
Qui n’incommodent pas les belles sans histoires
Leur offrant de l’instant ses débuts et ses fins »

 

 


Qui que tu sois, prends garde !
Ces créatures
issues de mondes n’ayant que quelques points commun avec celui-ci
qui sont autant de passages susceptibles de permettre l’intrusion
ou la chute,
ces créatures se nourrissent du regard qui caresse leur forme.
À première vue
tout te semblera anodin
la rondeur paraîtra sans substance
et en grande partie
en effet, elle le sera.
Mais si tu persistes dans la rencontre
peu à peu naîtront sous tes yeux
des rictus
des grincements de dents et d’arrières pensées
peut-être même que des sons parviendront jusqu’à ton oreille.
Telles le Golem
animés par la lettre puisée dans ton regard
ces créatures te deviendront familières
étrangement familières
et telles le Golem …

il te faudra alors
te hisser à hauteur d’un front
si tu le peux encore
et

tenter d’effacer La lettre