Lenturies XVII

(Lélio Lacaille, environné soudainement d’un vol d’étourdis à plumes, émerveillé par l’unicité de ce grand corps mouvant aux virevoltes imprévisibles, sentit sa caverne traversée par les deux silences* dont parle Maurice de Thaelm dans son traité du même nom .
Libéré de ceux-ci après trois mois de vol virtuel en cette bruyante compagnie**, il écrivit le dix septième quatrain de ses Lenturies
)

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poeme-epars-pille-cahier


(cliquer pour Entrevoir le poème en vol)
poeme-epars-pille

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* « ….. » & « ….. »

** Chacun sait qu’il n’y a rien de plus bruyant que ce double silence.

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Lenturies XVI

(Lélio Lacaille, constata, en prime matin d’automne, le résultat du passage d’un groupe conséquent de sangliers. Le ravage causé au peu d’herbe qui avait résisté à l’été, et la concentration exclusive de matière fécale en un lieu élu par l’alchimie animale, fit en lui s’étirer brièvement ces deux silences* dont parle Maurice de Thaelm dans son traité du même nom .
Au creux de ceux-ci naquit le seizième quatrain de ses Lenturies**
)

quatre-chenes

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* « ….. » & « ….. »

** Le rapprochement avec la « tour abolie » n’est pas totalement infondé.


Quatre chênes racines nouées
en terre vive en grand secret
Tissent dans les eaux souterraines
l’étoffe ardente des regrets.

JEAI (co∞*)- D’après Anna Jouy – « Je et autres intimités »

[Merci à Anna Jouy de m’avoir autorisé (et même encouragé) à diffuser ce poème
compression d’une oeuvre publiée

Rien partout
– tu le sais du matin –
ne t’inquiète les sens
jamais rien

Tout tient
dans les yeux
rien de ce qui se dit
sous les paupières
dans le coin de chair
ne m’attend
où tu niches tes départs

Un reste une défaite la tristesse
et le poids des heures
c’est ainsi
une ultime légèreté suffit de toi
avec un peu de distance
jusqu’au cœur

Une à une les anciennes empreintes
ces rugosités de la chair
passent
quelques désirs ondulent un peu désespérément
encore



Un groupe de mots pris sur chacun des poèmes du recueil
« je et autres intimités, les dits de solitude» de Anna Jouy

aux éditions qazaq (Jan Doets)


Proposition de lecture :

*(co∞ = Cut-Off total d’une oeuvre ) 

Eric Dubois (Vase communicant de Mai)

vasecommunicants Ces vases communicants de mai j’accueille Eric Dubois dont la poésie vivante s’est déjà déposée dans de nombreux recueils (voir biblio*).
Nous avons eu à plusieurs reprises, comme disent les anglais « A rendez-vous-manqué »
finalement nos textes ont fini par se croiser et le poème du fondateur du « Capital des mots », par se déposer chez Lélio Lacaille. Ce dernier m’a dit (d’outre tombe) qu’il en était heureux.

L’aube grise
l’escalier
 .
Le soleil
en suspension
 .
Traverse
l’écho
 .
Qui mène
à l’étage
 .
Dans le ciel
se noie
 .
Se répète
inlassablement
 .
Et dessine
des nuages
 .
 .
Où attendent
des convives
 .
Disparaîtra
un jour
 .
Echo  
des questions
 .
Que le jour
formule
 .
Des montagnes
des vallées
 .
 .
Assoiffés de fêtes
et de nuit
 .
Ils cassent le cristal
 .
Voyageurs
de l’immobile
 .
 .
Et il y a encore
cet escalier
 .
Et toutes
ces marches
 .
Le soleil
toujours là
 .
 .
Qui troue
l’aube grise
 .
 .
La nuit
recommence
 .
Dans les esprits
alcoolisés
 .
Petit matin
un peu frais
 .
 .
Les convives
reprennent
 .
Leurs voitures
et leurs habitudes
 .
 .
 .
Mai 2016
 .
ERIC DUBOIS

Eric Dubois est né en 1966 à Paris. Auteur de plusieurs ouvrages de poésie aux éditions Le Manuscrit, Encres Vives, Hélices, l’Harmattan, Publie.net, Unicité. Responsable de la revue littéraire en ligne « Le Capital des Mots ». Blogueur : « Les tribulations d’Eric Dubois, journal  ». Chroniqueur et co-animateur dans l’émission « Le lire et le dire » sur Fréquence Paris Plurielle (106.3 fm Paris) depuis 2010.
 .
Dernier livre paru ( en 2016 ) : « Chaque pas est une séquence » aux éditions Unicité.
 .

Mon texte est sur son espace virtuel dédié en particulier à la poésie
http://ericdubois.net « Les tribulations d’Eric Dubois »

ICI


L’ensemble des vases communicants de Mai 
Merci à Marie-Noëlle Bertrand

[peauâme]

Enfant qui danse-L’existence est une poésie à contraintes

l’une d’entre elle est le corps

une autre l’esprit

comme en poésie elles aident à produire du beau.

 

___
La terre ne résiste pas sous le pied de l’enfant
elle l’accompagne
se matérialise à chaque endroit où il se pose
ami qui anticipe et qui prévient le faux pas
où le provoque
pour cette joie des corps qui se touchent
et des âmes qui s’abouchent
ce n’est que bien plus tard
que l’on nommera « accident » la chute.

Poème

Le printemps des Poètes – Beauvoisin – Serge Pauthe Hommage à Nazim Hikmet

Serge Pauthe a choisi cette année de célébrer le Printemps des Poètes dans le petit village de Beauvoisin en y donnant le spectacle hommage qu’il a créé, et joué à de nombreuses reprises, pour célébrer le grand poète turc Nazim Hikmet .

Il devait être accompagné par Pascal COIGNET au violoncelle qui, souffrant, n’a pu jouer auprès de lui.
C’est Alain Nouvel de la compagnie des « Chantiers Funambules« * ( Beauvoisin) qui a, au pied levé, assuré la partie musicale (avec brio et sans répétition préalable).

L’enregistrement que je propose ici a la saveur et les imperfections du « vivant » et de l’instrument de collecte, mais il donne bien, me semble-t-il, la mesure de la prestation de Serge Pauthe au service de la poésie de Nazim Hikmet.

Au début de ce « captage » Serge Pauthe évoque brièvement le rôle que la poésie a joué dans sa vie

Serge Pauthe - la poésie et lui

Hommage à Nazim Hikmet
Serge Pauthe

(Alain Nouvel piano)

 

Serge Pauthe-lecture

A l’issu de cette prestation, après les applaudissements nourris et dont l’enthousiasme a mis longtemps à redonner le silence, une lecture a été donnée dans la langue de Nazim Hikmet.

Serge Pauthe- un temps de lecture en turc

Suivie de la traduction donnée par Serge Pauthe.

 

 


 

 


 

 

Lucien sait

Lucien sait qu’on entend les mots
mais qu’on n’entend pas tous les mots
qu’il n’y a pas de place dans la tête
à la fois pour tous les mots du nuage de mots
mais que ceux qui ne peuvent pas entrer
ne sont pas pour cela des orphelins
quelque chose de leur musique
a construit l’instant de la lecture
l’instant du poème
Lucien sait que le mot se fait sa place
peu à peu en jouant des coudes et du reste
et qu’à la fin de leur danse
tous sont présents
dans le minuscule
mais gigantesque espace
qui précède le point final.

Derrière la porte

ombre 01r

Il est là
derrière la porte
j’entends son souffle
vent humide et bois mort
sens la présence de son corps
sa fatigue et sa faim
derrière la porte
qui ne demande rien
j’ai le chaud il a le froid
et son silence m’insupporte
derrière la porte
tout en moi le craint
quand au carreau
j’imagine sa main.