La poésie -tour d’horizon

Essai de définition de Jacques Bonnafé

N’essaie pas de comprendre tout ce qu’il dit. Tente seulement de retenir quelques mots qui ont un sens pour toi … ou pas.

La poésie récitée se reconnait-elle ?

Extrait 1

Extrait 2

Extrait 3

Extrait 4

La poésie écrite se reconnait-elle
sans même reconnaître les mots?

Texte 1

Il pleut en amour - Richard Brautigan - Trou d'étoile - poussière

 

 

Texte 2

Mode d'emploi de la centrale vapeur - poussières

 

Texte 3

Journal de la brousse endormie - Serge-Marcel Roche - poussière

 

Texte 4

Les trophées - José-Maria de Heredia - poussières

 

Texte 5

Haïkus (ou presque) tombés des cieux - Éric Schulthess - poussière

 

La poésie écrite se reconnait-elle si on en comprend le sens ?

Extrait 1

 

 

 

Extrait 2

 

 

 

 

Extrait 3

 

Les mots tus (Christophe Sanchez)

Les mots tus. Sais-tu combien de mots tus j’ai voulu te dire ? Les mots tus, ça ne se dit pas sinon on les appellerait les mots dits. Maudits mots tus. Tu vois, c’est facile, je joue. Je joue avec les mots tus. Je ne les dis pas, ces mots tus, même aujourd’hui que tu n’es plus. Je les écris. Tu aurais souri si je t’avais dit un jour ces deux mots simples à jamais tus : j’écris.

Tu aurais souri ou tu t’en serais foutu. Peut-être que j’aurai trouvé dans ton œil ce petit sentiment de fierté que parfois je voyais passer. Entre deux mots tus. Dans un silence qui nous tenait, tu aurais éclairé ton visage de la superbe d’avoir un fils. Moi le taiseux, toi le taiseux. Tu le voulais ce fils ! Tu le voulais gaillard et goguenard ! Tu voulais un vrai mec avec des couilles, un courageux qui creuse la terre, taille la vigne, boit des coups dans les bistrots et hèle les femmes dans la rue. Tu aurais voulu que je sois bavard avec les autres et taiseux avec les miens. Comme toi. Tu aurais voulu que je piège les rats dans un seau. Que je secoue mon butin devant une assemblée d’amis médusés. Tu aurais voulu que je tue. Et je me suis tu.

Les mots tus sont assassins, tu sais. Je ne sais pas si tu as su combien tes mots m’ont manqué. Je sais que les miens t’ont perdu. On s’est tu, mon père. On s’est trop tu. On s’est tu jusqu’à la mort sans pouvoir décoller les mâchoires, sans savoir tourner notre langue pour dire qu’on s’aimait. On s’est trop tu. On s’est tués. Mais moi je suis encore là à regarder ta mort tue pour toujours.

 

 

 

 

Extrait 4

*

 

Eric Dubois

Toutes les fenêtres

s’ouvrent

sur des matins calmes

jusqu’à ce que

la tristesse

vienne endormir

nos rêves

et courber

les arbres

 

Anna Jouy

Passer dans les chambres, une à une.

Éteindre les voix.

L’anneau d’iris des lampes sur le sol
Éteindre les portes, les fenêtres
Éteindre ce tiroir où dorment les anciens.

Enroulés dans des tresses d’enfance et des médailles.

Éteindre les lieux. Terminus qui s’affale.
Le vestibule, la rampe et l’enfilade.

Éteindre le cagibi aux rires sous la clef.
Éteindre le grésil des mouches dans les watts jaunes.
Éteindre les érections de taffetas, les poussières, le chat dans ses soutanes de prêches satisfaits.

Éteindre, plier la lumière.
Laisser réduire lentement le rayonnage, la présure des rêves dans un confetti de soirée qu’on portera nue. Maintenant
Éteindre et pénétrer sa nuit les escarboucles noires pendues à ses paupières

Villon

Je plains le temps de ma jeunesse

Je plains le temps de ma jeunesse,
Auquel j’ai plus qu’autre gallé
Jusqu’à l’entrée de vieillesse
Qui son partement m’a celé.
Il ne s’en est à pied allé
N’a cheval : hélas ! comment donc ?
Soudainement s’en est vollé
Et ne m’a laissé quelque don.

Hé ! Dieu, si j’eusse étudié
Au temps de ma jeunesse folle,
Et à bonnes mœurs dédié,
J’eusse maison et couche molle.
Mais quoi ? Je fuyais l’école,
Comme fait le mauvais enfant.
En écrivant cette parole
A peu le cœur ne me fend…

 

Poésie et chanson

Reconnaissons nous tous la même poésie ?

(Ici poésie en 140 caractères)

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Chacun d’entre vous lit à tour de rôle les deux textes … poétiques ou non, qu’il a reçu.

Au tableau on notera le nombre d’élèves qui votent
OUI (texte poétique) ou NON (texte absolument pas poétique)

MOI (toi) et la poésie …

Chacun reçoit la feuille avec l’ensemble de tous les textes.

Tu en choisis un qui te semble le plus correspondre à ce que tu penses être de la poésie (le plus proche … ou le moins loin) et tu dis en quelques mots ce qui a déterminé ton choix (souviens toi de tout ce qu’on a vu pendant la séance à propos de ce qu’est ou pas un poème)

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