Des failles à venir à la surface de la croûte terrestre – La carte et la disparition du territoire. [jour 5]

jour 1
Jour 2
Jour 3

[Quel est ce néant qui envahit notre espace ?
D’où provient-il ?
Où s’étend-il réellement ?
Les scientifiques sont sur le pied de guerre* (voir jour 1)]


Hier nous n’avons pas publié d’article en rapport avec nos recherches sur l’identité éventuelle de l’homme ou la femme dans le cerveau duquel se répand le néant.
La cause en est l’extrême inquiétude concernant le profil le plus proche de cette carte qui évolue chaque jour vers davantage de noir.

[Si vous lisez ce message c’est que vous faites à nouveau partie du cercle (qui s’est restreint depuis nos dernières constatation) de ceux qui sont autorisés à savoir. (Ne cherchez pas pourquoi, ces profils sont calculés par un algorithme dont les paramètres sont en rapport avec les données de la situation, et cela d’une manière qui nous échappe totalement puisque c’est un  SEGSGU (Système Expert en Gestion de Situation de Grande Urgence) qui génère cet algorithme et contrôle les profils acceptés).

Une seule précaution : ne divulguer à personne les informations que vous pouvez détenir sur ce sujet (vous seriez en grand danger d’être éliminé de façon automatique par une des multiples protections activées par ce même SEGSGU)

Une obligation : communiquer tout ce que la situation peut vous faire émettre comme hypothèses (les perceptions les plus irrationnelles sont acceptées – nous pensons (rien n’est certains avec ces algorithmes intelligents) que c’est notamment en rapport avec ces aptitudes que le SEGSGU a effectué sa sélection]

Ainsi donc, nos toutes dernières analyses des correspondances territoires / vue en coupe du cerveau, mettraient le premier personnage de notre fédération au cœur de nos préoccupations.

Notre silence d’hier est du en particulier à l’hésitation apparue pendant plus de trois heures sur l’écran de visualisation interne du SEGSGU. Hésitation à propos de l’élimination possible de celui qui, apparemment, pourrait mettre en danger pour ceux qui l’ont élu à savoir les citoyens de notre continent Eurasiatique.

En définitive, après ce temps tout-à-fait inhabituel de « réflexion » le SEGDGU a écarté cette éventualité. La pondération de l’issue « mise en danger de la démocratie » était beaucoup trop importante. Il ne pouvait prendre ce risque.

Le premier personnage de notre fédération a donc été discrètement mis hors champ et remplacé par un robot qui assurera les rares apparitions futures du président. Lequel dort présentement d’un sommeil très profond dans un lieu retiré dont nous-même ignorons la situation géographique.

Rappel de l’ensemble des cartes des dégradations

Le mardi 19,5 Juin 2017

fractures du territoire-20 juin 2017

Le mercredi 20,5 Juin 2017

fractures du territoire-19 juin 2017

Jeudi 22,13 Juin 2017

fractures du territoire-22 juin 2017

Vendredi 23,001 Juin 2017

fractures du territoire-23 juin 2017

Samedi 24,0001 Juin 2017

fractures du territoire-25 juin 2017

Dimanche 25,13 Juin 2017

fractures du territoire-26 juin 2017

Cliquer sur une carte pour l’agrandir

 

[Les dégâts sont de plus en plus visibles
Les plus imminents neurologues s’interrogent sur les conséquences pour le « sujet »]


* et trépignent de joie le plus discrètement possible.

Tu marches ou tu fonctionnes ?

Rappelez-vous
Petit, on vous a certainement repris lorsque vous avez pu dire « ça marche ! »
Un adulte averti vous a alors rectifié en donnant la formulation correcte « ça fonctionne »


cahier des charges fonctionnel

 

(cliquer pour agrandir)
L’objet technique qui est la réponse à un cahier des charges fonctionnel
met en oeuvre une fonction
et
chez le consommateur allume le récepteur correspondant
réclamant dans le même temps l’extinction de tous les autres alors inutiles et même susceptibles de parasiter … l’interaction.
(tout comme le réverbère met en lumière une partie du trottoir et rejette dans une obscurité que sa présence même a accentuée, tout ce qui n’est pas dans son halo.)
Et le consommateur à son tour fonctionne.
Ainsi
la télévision met nos oreilles et nos yeux en ON
et le reste en OFF.

Comment cela est-il possible ?
alors même que tous nos sens sont maillés finement entre eux.

Cela ne l’est pas
ou plutôt
suppose des déchirures, des plaies, des instants de cicatrisation de la pensée
lorsque l’on retourne à la marche naturelle des choses vivantes (radicalement différente du fonctionnement)
D’ailleurs
certains n’y parviennent que difficilement
voire même pas du tout.
Ceux là sont, dans notre monde, considérés comme incompétents
et rapidement repérés par l’institution chargée d’apprendre à fonctionner
c’est à dire à « découpler »* les sens, les émotions, et tout le reste pour n’utiliser qu’un registre limité de son potentiel personnel (on nomme cela « abstraire ») au lieu de percevoir la réalité de toute la globalité de son être.
Ces incompétents au regard des attendus du système vont
dans le meilleur des cas se mettre en sommeil
dans le pire montrer leur incompatibilité avec le type de fonctionnement qui est exigé d’eux.
On les nomme « enfants décrocheurs. »
On les juge en général plutôt … manuels (!)
Cenfurie I

(… le lecteur est à partir d’ici libre de prendre la trajectoire qu’il souhaite … ou pas
il ne s’agirait pas que les mots de Lélio Lacaille se mettent eux aussi à ponctionner.)

fonctions critères niveaux
(Cliquer pour agrandir)
* Dans cette tâche l’institution est grandement aidée par le langage qui, de plus en plus accaparé par le monde scientifico/technique, permet par un découpage précis du contour des concepts, de donner l’illusion par exemple qu’il existe une limite entre le bleu et le vert, ou même qu’il est un seuil précis pour lequel le b prononcé par les lèvres devient p, une frontière entre les voyelles … .
Ce découpage du réel  par le mot est une grille sans cesse interposée entre la réalité et la pensée, produisant une discontinuité apparente qui a la forme des cases/concept et fausse la perception en retour.

Les illustrations proviennent d’un cours de technologie « aux normes » de l’éducation nationale administré à des élèves de 14 ans.

Lenturies – VIII –

(Lélio Lacaille, suite à une chute dans une garde contre le chien alors qu’il possédait en main une quinzaine d’atouts et trois rois, ébranlé dans sa confiance en sa chance,  fit une retraite de quelques heures en haut du clocher de l’église de Tronville – entre deux tintements de l’Angélus –
Le temps densifié par la menace au dessus de sa tête qui fut alors le sien, propice à l’écoute des deux silences*, lui inspira des quatrains réunis par la suite sous le nom de Lenturies.
Celui-ci est le huitième)


 VII

Un son leur suffira pour connaître la peur
absence forcera plus encore la terreur
et quand le temps venu l’horizon brûlera
partout en leur caverne esprit vacillera

___
* « … » & « .. »

Goutte

Rouler en boule son esprit
non pas seulement
pour offrir moins de surface
au vent, à la pluie, aux éclats, aux menaces
mais pour frotter intimement la chair contre la chair
pour faire naître des plis dans la pensée
resserrer ses méandres
l’empêcher de se jeter trop vite dans l’ailleurs
qu’il soit néant
ou qu’il soit dieu
retenir quelques temps un peu
de ces lueurs qui nous quittent dès qu’elle naissent en nous
leur tisser un labyrinthe
avec l’espoir fou qu’elles s’y perdent
Rouler en boule son esprit
y piéger un peu de son parfum.