Quoi la v’

C'est quoi la viec’est quoi la vie ?
la brûlure dans mes bras
la fatigue qui m’emporte vers le bas
ce refus d’aller rejoindre
sommeil
la grande âme en tas

quoi la vie
le pli acide sous mon sein
qui se serre
quand je te regarde
en coin
l’écho du noir au loin
son appel dans mes reins

c’est quoi qui fait la vie
la reprend d’un coup
sans dire
la vie
qui fait ce soir ma main creuse
dedans
la tienne aussi
et nos cris

Derrière la porte

ombre 01r

Il est là
derrière la porte
j’entends son souffle
vent humide et bois mort
sens la présence de son corps
sa fatigue et sa faim
derrière la porte
qui ne demande rien
j’ai le chaud il a le froid
et son silence m’insupporte
derrière la porte
tout en moi le craint
quand au carreau
j’imagine sa main.

Lélio … ta main !

Lélio ! Vite ! Occupe ta main !Fantamt - 003

Regarde là ! Elle s’agite, elle tremble.
Bientôt elle va à nouveau t’échapper.
Se jeter sur un fil de fer barbelé et, de toutes ses forces, de toutes celles qu’elle sera parvenue à te dérober, elle tentera de l’arracher.
S’approcher du visage d’une enfant qui ne sera pas la tienne et se mettre à lui caresser le visage doucement, à lui parler en silence du bout des doigts.
Prendre un caillou arraché au trottoir ou à la route même, et le jeter sur une de ces grandes surfaces de verre qui séparent l’objet du désir qu’il projette.

Lélio ! Vite ! Occupe ton esprit !

Lui aussi il frémit, il s’agite
lui aussi va bientôt t’échapper.
Elargir une des lézardent qui courent au ventre des mots, les faire devenir fissure, y pénétrer, passer de l’autre côté et y faire festin. Dilapider ce que les avares grammairiens étaient parvenu à mettre à l’abri des poètes.
Pire ! Il va y transformer le raisonnable en folie et … quand il en reviendra …

Vite Lélio, occupe ton esprit de ta main.

Oui, c’est cela ! Bien ! Très bien !
Ecrit, là !
Oui c’est bien, c’est très bien !

ET -1-

ET - 1 (la nuit)-

Et la nuit mêle
sa chair à la nôtre,
sa fatigue
sombre et légère
à celle qui sourd en nos muscles
et bourdonne à nos oreilles,
les songes qui la traversent
à nos désirs de rêves.

Tout l’amour d’un grand corps vide
elle en emplit
le creux de nos cœurs, de nos mains
et s’y endort avec nous
jusqu’à demain.

ET - 1 (la nuit)-r