banquet

L’ami monde
vaste et chaud comme fourrure d’un ours
jetée sur la couche
son chant te prend à la fois
l’oreille et le cœur
te rapporte de grands morceaux du paysage
et c’est banquet
d’écouter, humer, boire
tout ce qui de cette gerbe
en fleur, en averse de neige ou de sable fin
vient te traverser le corps
de bord en bord
être là
à attendre que cela vienne
parce que tout est possible
si tu te tiens au creux des mains
de l’ami monde

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Veilles – (poème dédié)

Au creux des bras étonnésanh mat-
la chair vient de naître
et de crier
sa stupeur
sa colère, à la face du monde
au visage du père,
celui qui est là, tremblant, inutile
la tête pleine de son attente vide
[main que l’on passe sur un ventre en promesse
à écouter la vie se faire, se jouer]
aux oreilles du père
qui bourdonnent pour meubler le silence
au long couloir blanc de l’impatience
elle est venue
au monde
à lui
à tous ceux qui aimeront son sourire et sa peau
A présent
la peur à changé de nature
désormais il lui faudra protéger
l’arbre, les fruits, les fleurs
au creux des bras étonnés.
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(Une pensée pour Anh Mat)