Lune claire

Lune claire--

Ni l’écouter
Ni humer son parfum
seule l’enfant

d’un jet de pierre sur sa marelle
entre terre et enfer
voit
le grand trou clair qui nous regarde

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Lenturies – X –

(Lélio Lacaille, le crane ouvert par une pensée trop ventrue et trop dense pour s’en échapper autrement – à moins que ce ne soit le contraire – eut l’esprit  soudain figé dans les deux silences* dont parle Maurice de Thaelm dans son traité du même nom  .)


X

une seconde nuit recouvrira la terre
alors que dos brûlant et le ventre glacé
s’agiteront en vain pour une Ève guerrière
au milieu des clameurs les Adam condamnés

___
* « ….. » & « ….. »

Dire du beau, dire du bien – les quatre éléments – [Essaie encore …]

La grande implosion - ThuillierPartout, se lit, se dit, s’entend, se voit le désenchantement. L’âme est morose et entretient cet état par la nature même des mets qu’elle absorbe.
Il faudrait décréter la nécessaire parité des annonces positives et négatives pour maintenir la tête, de temps à autre, l’espace d’une respiration, hors de l’eau.
Prends ta plume Lélio me dit une petite voix intérieure et participe à l’ouverture du chemin.
Je prends, je prends …
mais cela s’avère plus difficile que je ne le pensais.


[Dire du beau, dire du bien, dire du beau, dire du bien, dire du beau, dire du bien, … !!!!]
La terre se meurt, la Terre et la terre, les vers n’en peuvent plus, n’en veulent plus, nos corps non plus qu’on les lui refuse en les incinérant pour ne pas les savoir corrompus, avalés, recyclés. La Terre n’est plus qu’une terre en attendant mieux, en attendant celle que les yeux gourmands de nos télescopes chassent dans les grands espaces. La Terre est dépassée par nos événements, probablement.

[Dire du beau, dire du bien, dire du beau, dire du bien, dire du beau, dire du bien…!!!]
L’air se trouble, l’air n’en a plus vraiment l’air, traversé de tunnels en tous sens, appauvri en ce qui soutient la vie, enrichi de tout ce qui obscurcit le ciel et fait tousser l’homme qui se risque au dehors. L’air voit ses transports s’accélérer, ses vents s’emballent, s’enragent en tourbillons imprévisibles et destructeurs.

[Dire du beau, dire du bien, dire du beau, dire du bien, …!!]
Le feu partout dévore. En combustion lente, en brasier contenus, en incendies. Là où on le croit prisonnier, docile, dompté, il cache sa colère et ses dévastations futures dans ses déchets. Il est aussi dans les cœurs, les esprits, les chairs qui réclament elles-mêmes sa brûlure, sa marque.

Dire du beau, dire du bien, …
L’eau des sources désaltère toujours autant et sa caresse enchante encore nos lèvres … pour un temps.

 Brumes - 2


Brumes - 2 eau

ET -2-

poème ... et repartir--

Et poser son corps tout contre la terre
le nez dans l’herbe
dans les odeurs de thym, de menthe
de passages
avec parfois la peur
suivies de crocs domestiques puis de métal.
Et faire halte
de tout ce qui marchait
se rappeler
éviter le trop loin de l’âme
toujours un peu en retard.
Et lui poser comme un poème
sur un bout de papier
quelques paroles articulées
pleines de voix et de silences par-dessus.
Pour qu’elle vienne,
continue à suivre nos pas.
Et repartir.