Le chat et toit

[plus trop envie de déposer les signes codés
alors juste le son … et encore ]

Le chat - et toit-21-v

 

 

 

 

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Le mot c’est l’homme

Le mot c’est l’homme

Chaque fois qu’il arrive, qu’il parvient, qu’il se pose
il perd son parfum, son regard, sa sève
la vie qui l’habite s’enfuit de lui
et laisse un leurre
un spectre
une fausse présence qui claque du bec
donne de la voix
sans voix

Le mot c’est l’homme

Lorsqu’il replie ses ailes
s’achète un lieu pour se poser, se reposer
met pierres les unes sur les autres
en mur, en muret
avec un toit dessus pour écarter l’ami
pour écarter la pluie
et rester bien au sec

Le mot c’est l’homme
Lorsqu’il replie ses ailes le poème est fini.

Désordre – 1 –

Juste au-dessus du toit de tuiles – rouge feu de terre et jaune cendre soleil – un fin brouillard blanc bouge à peine dans la respiration lente et hésitante d’une brise, au petit matin.

Autour de la cabane de jardin rien ne parait surpris. Ni les nouvelles roses en boutons dont on perçoit à peine le jaune pâle de la robe, ni les pucerons à l’assaut de leur jeunesse tendre et sucrée.

La musique des lieux n’a en rien changé de tonalité ou d’amplitude. Sa rumeur, ponctuée de cris d’oiseaux aux aigus imprévisibles, est identique à celle qui, la veille, caressait ce désordre d’arbres, de fleurs et de vignes grimpantes.

Entrouverte, la porte laisse voir un râteau en bois, une faux et d’autres outils de jardin recouverts en partie d’ombre.

Dans un coin de la petite construction en pierres, toutes plus irrégulières les unes que les autre, un œil félin pourrait deviner, sous la masse des cendres, les dernières braises d’un feu dans un brasero.

Sur le fauteuil en osier qui occupe le seuil, vêtu d’une épaisse chemise à carreaux, d’un pantalon de grosse toile, chaussé d’antiques bottes en caoutchouc, en contemplation face au chaos de verdure devant lui, les restes sincères d’un jardinier.

Juste au-dessus du toit de tuiles rouges et jaunes, un fin brouillard blanc

se donne aux rayons du soleil.