Le mat – 2

Le mat - 2-Il était de fer en ses chairs, de titane en ses os, son intelligence tenait du diamant et d’or son regard.

Là s’arrêtait la liste des talents que les fées avaient laissés choir dans son berceau.
Car son âme était entrée en putréfaction dès le premier instant de sa naissance.

C’est ainsi que sa vie fut jalonnée de pleurs, de sang, de cadavres. Chacun de ses actes destructeurs causant des dégâts,  des blessures, des déchirures identiques au-dedans de lui-même sans qu’il n’en sache rien.

Cette rage en mouvement, cette volonté de destruction qui l’habitait, rien ne semblait pouvoir les arrêter.

Pourtant, un jour, à l’instant même où il fendait d’un coup de sabre, ou d’un discours (l’histoire est ici imprécise) le crâne d’un enfant, le regard serein, confiant, gorgé d’innocence de sa victime, telle la lumière du soleil perçant soudain à travers l’orage, balaya de son esprit, en un instant tout ce qui l’habitait.

Devant le corps sans vie baigné de sang, il perdit un instant l’usage de ses bras et pour toujours celui de sa langue.

Il est à présent ce vagabond qui passe sur ce chemin boueux et qui n’ose pas même se défendre des chiens.le mat-

 

 


 

 

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Le mat -1-

Fantamt - 01bSur le bord du chemin
entre le froid baiser du soleil d’hiver et la caresse d’une brise légère
la toile de ses rêves tissée de soies rugueuses
le mat se repose et boit en son sommeil
aux sources mêmes de la folie.

Passant garde toi de le réveiller
s’il saura en l’eau de son premier regard
te laisser voir
cette pensée, ce geste, ce beau visage
que tu désespérais de retrouver un jour
il peut aussi te laisser ensuite
seul en pleine lumière
seul,
avec cet être vil et fourbe que tu croyais avoir depuis toujours
enfoui dans un pli secret de ta peau.

Laisse donc
sur le bord de ce que tu crois n’être qu’un chemin
entre le baiser du soleil et la caresse de la brise
laisse le corps fourbu du Mat
se déposer.