L’Ancêtre

L'Ancêtre-im

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SA LENTEUR TE RENVOIE À TON-let

Tachée de jaune ou de noir
  L’œil qui sait tranchera
  L’œil qui regarde n’en dira rien
      mais verra
         la démarche lente 
         de la survivante des temps anciens
Créature d’eau et de feu
luisante image de l’espérance bleue
qui anime et donne souffle
         à tout ce qui palpite
             défie les lois de la matière
             et anime
                  notre ronde 
                      hésitante
                           joyeuse 

Cathédrale

Les géants de Calabre

Si tes pas t’y ont conduit un jour
Tu sais déjà comme
   tout en elle a parfum de sacré,
   qu’en cette cathédrale
                       où nul n’y a caché le ciel
   la parole n’est rien
                       ne donne rien
                       ne reçoit rien
   la respiration y est prière
   et le don
       le sacrifice que tu lui fais
       c’est ton pas de promeneur
       et le regard qui la caresse.

Les géants de Calabre


 

SI TU NE VOIS PAS BOUGER LA FORÊT-let

Être à cornes

Elle broute les jeunes feuilles des fayards
Ses cornes redevenues des dents
rien du loup ne lui fait peur

Solitaire, qui l’aurait cru ?
Son pas que rien ne presse
la conduit sans faille
à travers la forêt, ses clairières, ses points d’eau

De l’homme, elle ne sait plus que son ombre.

Être à cornesVache Calabraise dans la forêt de Piani di Carmélia – Aspromonte (Montagne aigre


LE RETOUR À LA VIE LIBRE-let

Quelques secondes encore …

Pour dire à l’eau du ciel deux paroles de pluie
Deux paroles de plus et quelques doux délires
Parce qu’à notre porte un plein panier d’ennui
Nous fut livré tantôt au milieu de la nuit

Pour dire au joues du feu combien il nous ravit
Même si sa caresse nous fouille un peu les chairs
Et jusqu’au fond des os à nous bleuir le sang
A nous donner l’envie d’un petit bout d’hiver

Pour dire à cette terre qu’elle aura notre peau
Que la promesse est faite en un beau testament
Un parchemin qui dit en substance et en mots
Venez ! vie morcelée ! Assécher nos tourments…

Pour dire enfin au vent la grâce qui nous tend
Vers lui, sa transparence et son haleine blanche.
Murmurer doucement comme il nous l’a appris
Une ultime parole à délier la Vie.


POÈME À LIRE AFIN-let

Vapèr I

Vapèr 01-

Sous le silence
murmure au creux des pierres mousses

Presqu’une main ouverte
paume blanche
lignes profondes

Peut-être une racine

La terre s’est retirée
et sa force noueuse
courbes douces et cruelles à la fois
voit la brume
sous les étoiles

Les arbres n’ont pas de ruine